Prédication du dimanche de Pâques le 21 Avril 2019 au temple d’Alès.

Ce dimanche la prédication est apportée par notre pasteur Samuel Kabo.

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icone-pdf-300x300« Aux lendemains de Pâques, les disciples d’Emmaüs » au format PDF.

 

Le culte pascal du 21 avril 2019 au Temple d’Alès

 

Luc 24v13-35- Actes 10v34-43- 1Cor 5v6-7

Chantons le 638 Arc : Reste avec nous.

Un skech introductif a été joué sur les disciples d’Emmaüs

 

Introduction.

La réflexion que je nous propose en ce matin de dimanche pascal  s’inspire du célèbre récit  évangélique appelé, des disciples d’Emmaüs que nous venons de lire.  On nous parle de deux disciples du Christ déprimés. Leur espoir vient  de s’envoler par la mort de leur maître sur lequel il mettait  beaucoup leur espoir. Ils comptaient sur Lui pour changer le cours de leur destin si assombri par la présence des occupants romains. Alors le jour après sa mort, tristes et abattus, ils quittèrent Jérusalem et se dirigeant vers un village, situé approximativement à 12km,  appelé Emmaüs. Ils retournèrent à leurs affaires, qui à son champ, qui à ses commerces.

En effet, la localité d’Emmaüs n’a pas été identifiée avec certitude. Il y a différentes hypothèses, et ceci n’est pas dépourvu de signification, parce que cela nous fait penser qu’Emmaüs représente, en réalité, chaque lieu de nos vies vers lequel nous nous dirigeons (courons) lorsque nos attentes, mêmes légitimes, sont déçues: le chemin qui y conduit  peut être à la fois le chemin de chaque chrétien, bien plus encore, il pourrait être le chemin de chaque homme, croyant ou athée.

On pourrait affirmer qu’à chacun ses chemins dans sa quête du bonheur terrestre, à chacun ses chemins et moyens  pour effacer ses déboires et déceptions. Ce sont en fait, des chemins d’illusions qui ne mènent indubitablement que  vers des déceptions plus grandes encore.

Sur le chemin paraissant solitaire, ces deux disciples dont on connaît que le nom de l’un, Cléopas, sont rejoints par un mystérieux routard : « celui-ci (Jésus) s’approcha et se mit à marcher à leurs côtés ». Ils étaient comme frappés d’aveuglement- sans doute à cause de leur grande tristesse- . Ils ne Le reconnaissaient pas -car rien à première vue ne paraît -que ce fût le Maître. C’est dire que sur les chemins de notre existence, Jésus ressuscité peut  se faire compagnon de voyage, même si nous n’avons pas encore conscience qu’Il se tient à nos côtés,  pour rallumer dans nos cœurs des espoirs perdus. Le mouvement de la marche va s’accompagner du mouvement de la pensée. Avec ses deux braves disciples médiocres et  désespérés – peut-on encore les appelés du Christ ?- ce mystérieux pèlerin  va complètement changer le cours de leur pensée. A son contact, leur intelligence va s’élargir vers un autre monde. Ce fut Jésus qui va engager la conversation.

Remarquons que dans le dialogue des disciples avec ce promeneur inconnu, l’expression que l’évangéliste Luc met sur les lèvres de l’un d’entre eux, nous frappe : « Nous espérions… » (24v21). Ce verbe au passé dit tout : Autrement dit, nous avons cru, nous avons suivi, nous avons espéré…, mais maintenant tout est fini. Même Jésus de Nazareth, qui s’était montré prophète puissant en œuvres et en paroles, a échoué, et nous sommes restés déçus, désappointés. Ce drame des disciples d’Emmaüs apparaît comme un miroir de la situation de beaucoup de chrétiens de notre époque. Il semble que l’espérance de la foi ait échouée. Cette même foi entre en crise à cause d’expériences négatives qui nous font nous sentir parfois abandonnés du Seigneur.

Ce superbe texte de l’évangile est d’une épaisseur théologique considérable. Nous pouvons déjà en retenir deux  parties qui en constituent sa structure : La première partie met l’accent l’écoute de la Parole de Dieu;  la deuxième souligne l’importance vitale de la communion avec le Christ ressuscité. En effet, c’est en se nourrissant à ce double banquet que l’Église du Christ croît sans cesse, s’édifie et se renouvelle de jour en jour dans la foi, dans l’espérance et dans l’amour. Nous sommes invités à découvrir ou redécouvrir la grâce de la rencontre avec le Seigneur ressuscité qui nous transforme sur les chemins de nos vies.

A- Ecoute de la Sainte Parole

 

En les sentant découragés, Jésus s’étonne de leur manque d’intelligence et de leur incrédulité. D’ailleurs ce sont deux états de cœur qui vont ensemble : l’incrédulité et le manque d’intelligence. Deux cousines intimes qui agissent pour détourner et détruire. Que des fois notre ignorance vient de ce que nous refusons de croire et souvent notre incrédulité vient de notre ignorance des réalités de Dieu. Et ce sont ces  deux écueils à la foi qui  vont être traités par Jésus. Alors, Jésus pose une question qui est loin d’être anodine : De quoi, parlez-vous ?

La réponse de Cléopas: «Es-tu le seul qui séjourne à Jérusalem et ne sache pas ce qui s’y est produit ces jours-ci ? « Alors Jésus leur dit : Hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! » il expliqua, sur la base des Écritures, que le Messie devait souffrir et mourir pour arriver à sa gloire.

Permettez-moi d’aller plus loin au sujet du manque d’intelligence. Que dit la bible ?

Dans Proverbes 2v1-6, il écrit : « Mon fils, si tu reçois mes paroles, Et si tu retiens en toi mes commandements, Si tu prêtes une oreille attentive à la sagesse, Et si tu inclines ton cœur à la raison ; Oui, si tu appelles l’intelligence, Et si tu élèves ta voix vers la raison, Si tu la cherches comme l’argent, Si tu la recherches avec soin comme des trésors, Alors tu comprendras la crainte de l’Éternel Et tu trouveras la connaissance de Dieu. Car l’Éternel donne la sagesse ; De sa bouche (sortent) la connaissance et la raison ; Il tient en réserve des ressources pour les hommes droits, Un bouclier pour ceux qui marchent dans l’intégrité, ».

La révélation de tes paroles éclaire ; elle donne de l’intelligence aux simples. … afin que tu leur ouvres les yeux, pour qu’ils passent des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu, pour qu’ils reçoivent, par la foi en moi, le pardon des péchés et l’héritage avec les sanctifiés. … Que celui qui est  dépourvu de sens entre ici! Jésus le Christ a toujours traité l’incrédulité et la folie des hommes par les enseignements de sa Parole qui est Esprit et Vie. Et ça brûle car elle pointe dans le cœur la présence du péché, ça réchauffe une foi refroidie et donne de l’ardeur au cœur. Alors Cléopas et son compagnon, qui s’éloignaient de Jérusalem vers Emmaüs – peuple méprisé- pensant avoir tout perdu, se retrouvent approchés par Dieu Lui-même pour une nouvelle espérance.

B- La communion avec le Christ.

Les deux disciples offrent à Jésus  l’hospitalité sans  le reconnaître encore. Cette situation évoque la présence mystérieuse de Dieu dans nos vies qui nous préserve. Entré ensuite avec eux chez eux, sur leur insistance, le Seigneur s’assit à leur table. On lui a présenté du pain qu’il bénit et il le rompit et le leur donna. A ce moment-là, leurs yeux s’ouvrirent,  ils le reconnurent, c’est le Seigneur mais il disparut de leur vue, les laissant tout étonnés devant ce pain rompu, nouveau signe de sa présence. Le pain de l’Eucharistie ou de la Cène, est signe de la présence permanente du Christ. Il reste invisiblement présent. Alors il s’ensuit naturellement qu’en le reconnaissant, Cléopas et son compagnon, débarrassés de leur déprime, retrouvent la joie de vivre, l’espoir, et la foi  en leur croire en Dieu. C’est l’image du renouvellement de la foi : une foi ranimée par l’expérience de cette rencontre, la rencontre du Christ ressuscité. Le salut n’est plus à espérer, il est déjà accompli. Le messie n’est plus à attendre, Il est déjà descendu du ciel pour t’extraire du royaume des ténèbres pour te planter dans le royaume de la lumière, de l’amour et de la vérité. En rendant son esprit dans les mains de son divin Père, Jésus- par sa résurrection comme phénix qui renaît de ses cendres pour inaugurer l’aube d’un nouveau cycle- vient d’ouvrir largement la porte de la Communion avec Dieu. L’heure ultime n’est plus dans le futur, mais dans le présent maintenant et nous devrions la vivre. Car les actions de salut de Dieu se conjuguent au présent.

Conclusion.

 

Le réveil auquel nous aspirons doit découler du renouveau personnel que chacun est appelé à vivre ; le témoignage que nous sommes tenus de rendre doit être pertinent conformément à la vérité combien menacée que nous avons reçue du Christ. Tout ceci n’est rendu possible que dans la mesure où nous prenons davantage racine dans la sainte Parole (…) Le chemin pour Emmaüs, sur lequel nous marchons, peut devenir une purification et une maturation de notre croire en Dieu. Même aujourd’hui nous pouvons dialoguer avec Jésus en écoutant Sa Parole. Même aujourd’hui, Il rompt le pain pour nous et se donne Lui-même comme notre Pain. Et ainsi la rencontre avec le Christ Ressuscité, qui est possible même aujourd’hui, nous donne une foi plus profonde et authentique, trempée, pour ainsi dire, dans le feu de l’évènement pascal ; une foi robuste puisqu’elle ne se nourrit pas d’idées humaines, mais de la Parole de Dieu et de la présence réelle de Jésus à nos côtés.

Sur ton chemin d’Emmaüs, Jésus s’est approché de toi ce matin. Le reconnais-tu ? As-tu pris conscience qu’Il se tient à tes côtés dans la quête du sens à donner à ta vie ici-bas ? Pour sortir de tes multiples questionnements sans réponses sérieuses, Jésus veut orienter ton regard vers les Ecritures saintes dont il est l’incarnation.

 

Prions

  • Reconnaître le christ comme le sauveur de tout homme
  • Donner l’intelligence pour apprécier la profondeur de la richesse du salut.
  • Renouveler notre foi et notre espérance

 

 

Pasteur Samuel KABO