Prédication du 01 août 2021.

Ce dimanche la prédication est apportée notre le pasteur Clémence Bury.

 Jean 6 : 24-35

*Prière

« Le pain d’hier est rassis, le pain de demain n’est pas cuit, merci Seigneur pour le pain d’aujourd’hui… » Certains reconnaissent là les paroles d’un chant de table ! Nous pouvons aussi penser à cette demande du Notre Père : « donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien ». Quoi de plus important en effet que le pain ! Dieu veut nous donner à la fois la nourriture pour nos corps mais aussi pour notre âme. Or souvent, nous dédaignons le second au profit du premier.

Aujourd’hui comme dimanche passé, nous allons parler de nourriture ! Mais aussi de foi et de nos motivations cachées.

La semaine dernière, nous avons vu que la foule suivait Jésus à cause des signes qu’il faisait, notamment la guérison des malades. Dans le texte d’aujourd’hui, Jésus leur reproche de venir à lui non pas à cause des signes, mais parce qu’ils ont été rassasiés…

On voit que la motivation de la foule, hier comme aujourd’hui, reste très intéressée, égoïste et superficielle.

Qu’en est-il de nous ? Pourquoi cherchons-nous Jésus ? Pourquoi le suivons-nous ?

La foule était stupide, comme nous le sommes souvent, inintelligente, fermée aux pensées de Dieu. Elle était contente que le Seigneur lui donne à manger, comme aujourd’hui elle serait contente que Dieu lui donne la santé ou la fortune ; tout le monde serait content et dirait : cela nous suffit, nous n’avons plus besoin de toi, pourvu que tu nous bénisses dans nos affaires et que tout aille bien pour nous. Mais le Seigneur ne s’arrête pas là ; ce n’est pas la bénédiction matérielle qu’il a en vue pour les chrétiens.

*Lecture

Motivation de la foule

Les foules sont étonnées de le retrouver de l’autre côté de la mer. Elles le cherchaient, parce qu’elles avaient été rassasiées de pain, mais Jésus leur montre ce qu’elles ont à faire : la première chose est de croire, de se soumettre entièrement à Dieu.

Si Dieu nous commandait quelque grande chose, nous la ferions, parce que cela répondrait à notre orgueil, mais nous avons simplement à obéir par la foi. Dieu demande que nous soumettions à Jésus notre coeur et notre intelligence, tout ce qu’il y a en nous. Jésus doit être notre tout. Cette soumission est, pour un coeur incrédule, bien plus difficile que de faire des choses très difficiles, mais qui nous mettraient en bonne réputation devant les hommes. Le peuple demande à Jésus quel signe il donne de la certitude de ses paroles. Jésus leur répond qu’il est lui-même le pain du ciel ; tout son amour se montre en cela. S’il est possible de ne pas voir tout l’amour de Dieu dans la grande humiliation de Jésus, jusqu’à devenir notre pain du ciel, comment sera-t-il possible de voir cet amour ailleurs ? Le signe que Dieu nous donne pour nous prouver son amour, c’est tout d’abord que Jésus s’est incarné, que, voyant notre état de ruine et d’éloignement de Dieu, il est descendu ici-bas, vers nous, pour nous délivrer, comme il le fit jadis pour Israël en Égypte. Ceux qui n’ont pas encore reçu Jésus pour leur tout, leur nourriture et leur breuvage, ne sont pas rassasiés. Ils éprouvent du vide et du mécontentement (v. 35). Du moment que l’on est en communion avec Jésus, on comprend qu’il n’y a plus pour l’âme ni faim, ni soif.

Il demeure vrai que les hommes cherchent Christ, non pas en raison des signes, mais à cause « des pains et des poissons ». Les hommes veulent bien écouter des sermons et entendre parler de Christ, tant qu’il est présenté uniquement comme Celui qui peut améliorer l’état du monde et répondre à ses besoins temporels. Toutefois, si Christ est placé devant eux comme le signe de l’intervention de Dieu pour la bénédiction éternelle de l’homme, la masse n’éprouve alors aucun intérêt pour lui.

Et nous, nous ressemblons que trop à cette foule incrédule et exigeante, réclamant des miracles quotidiens, des actions extraordinaires. Plus que jamais, nous avons faim et soif de changement, d’actions, de retournements de situation ! Bref, nous non plus ne sommes jamais rassasiés ! Pour tromper nos «grands» creux, nous nous jetons à corps perdus dans les hypermarchés de la consommation. L’obsession du manque et du vide nous dérange tellement que nous avons même créé le besoin de consommer toujours plus… Comme la nature –paraît-il- nous aurions donc horreur du vide? Nous avons tant besoin d’avoir le ventre bien rempli comme ces foules qui veulent du pain, et nos cerveaux lobotomisés par tous nos «jeux». Nos yeux sont à la hauteur du ventre et surtout du nombril pour éviter de penser et de se regarder ! Les médias nous bourrent le crâne d’images, de sensations, de rêves, d’actions qui dispensent de raisonner et de se remettre en question ! Partout, c’est la course au stockage ! On emmagasine allégrement dans nos boulimies d’achats et de possession : congélateurs, frigos, coffres-forts, comptes en banque… Tous ces ventres bien repus pour chasser la peur du lendemain. En cette période de vacances estivales nous accumulons les kilomètres et avalons les bouchons, dans l’espoir de nous détendre. Encore une fuite contre le temps auquel nous sacrifions nos journées de boulot ainsi qu’au saint agenda qu’il faut remplir pour se sentir vivre ! Sans parler de notre fringale de sécurité comblée par les assurances sur la vie, mutuelles, retraites, épargne, loto, peur devant l’inattendu…

Les hommes travaillent pour obtenir ce qui périt par l’usage, mais restent indifférents à la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle. Le Fils de l’homme est venu pour donner la vie éternelle, et remplir l’âme de satisfaction en nous délivrant de notre misère spirituelle (6:35).

Faire, c’est croire

Le Seigneur ne s’y trompe pas. Ces foules le poursuivent pour un motif très terre à terre; elles espèrent qu’Il va continuer à leur donner du pain. Aussi les engage-t-Il à travailler pour le ciel (v. 27). Demandons-nous si notre travail a d’abord en vue les choses d’en haut qui nourrissent notre âme et qui demeurent, ou celles d’ici-bas, destinées à périr.

Est-ce à dire qu’il faut accomplir des œuvres pour être sauvé? Nombreux sont ceux qui le pensent aujourd’hui encore dans la chrétienté (comp. v. 28). Mais la Parole nous affirme : «vous êtes sauvés par la grâce, par la foi… non pas sur le principe des œuvres…» (Éph. 2 v. 8, 9). Dieu ne reconnaît qu’une œuvre qui permette à l’homme de s’approcher de Lui : elle consiste à croire au Sauveur qu’Il nous a donné (v. 29). Tout vient de Lui : l’Eau vive (le Saint Esprit; ch. 4 v. 10) et «le Pain de vie» (Christ Lui-même; v. 35). Comment se fait-il alors que nos âmes ne soient pas continuellement satisfaites? Le Seigneur manque-t-Il à ses promesses (v. 35; ch. 4 v. 14)? Certes non ! Mais de notre côté nous ne remplissons pas toujours la condition : «celui qui croit en moi — dit Jésus — n’aura jamais soif». Nous avons besoin de foi pour être sauvés, mais aussi chaque jour pour pouvoir nous abreuver de toute Sa plénitude.

«Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi» promet le Sauveur (v. 37). Allons à Lui, si nous ne l’avons pas déjà fait ; Il ne repousse personne. — Mais pour venir à Jésus, il est nécessaire qu’une œuvre de l’Esprit s’accomplisse dans le cœur. L’homme ne peut faire un pas vers Dieu à moins que Lui ne le tire (v. 44). — Ce n’est donc pas ma faute si je ne suis pas converti, répondra peut-être quelqu’un. — Au contraire, vous êtes pleinement responsable de laisser ce travail divin se faire en vous.

En ce moment même, Dieu vous attire à Lui. Ne Lui résistez pas plus longtemps.

La grâce dont Jésus use envers le pécheur est l’expression de son propre amour. Mais elle fait partie de la volonté de Dieu, qui est de donner la vie à sa créature (v. 40). Or Jésus était venu pour accomplir cette volonté (v. 38; comp. Héb. 10 v. 9: «Voici, je viens pour faire ta volonté»).

L’homme a un corps et une âme. C’est pourquoi il ne peut vivre de pain seulement, nourriture de son corps. Son âme a besoin elle aussi d’un aliment et le seul qui lui convienne est la Parole divine, le Pain du ciel, Christ Lui-même (Luc 4 v. 4).

«Ils lui dirent donc : Que ferons-nous pour faire les œuvres de Dieu ? » Jésus répondit, et leur dit : C’est ici l’œuvre de Dieu, que vous croyiez en celui qu’il a envoyé» (v. 28, 29). La réponse du Seigneur résume toute la différence qui existe entre la loi et la grâce. Sous la loi, il fallait faire. Sous la grâce, il faut croire. Si l’homme avait pu faire les «œuvres de Dieu» en obéissant à la loi, il n’aurait pas été nécessaire que Jésus vienne dans ce monde apporter la vie, puisque l’homme aurait pu vivre par ses propres moyens. Sa présence ici-bas démontrait l’incapacité de l’homme. C’est donc à Jésus qu’il faut aller ; c’est en lui qu’il faut croire, comme l’envoyé de Dieu dans le but de donner la vie. Mais rien ne déplaît autant au cœur naturel que de croire et d’accepter Christ comme son Sauveur. Cela l’humilie, le met de côté, lui fait sentir son impuissance, sa nullité. Aussi ceux qui entouraient Jésus cherchent aussitôt un prétexte pour ne pas croire. Ils lui disent : «Quel miracle fais-tu donc, toi, afin que nous le voyions, et que nous te croyions ? Quelle œuvre fais-tu ? Nos pères ont mangé la manne au désert, ainsi qu’il est écrit : Il leur a donné à manger le pain venant du ciel» (v. 30, 31). Cette réponse manifeste pleinement la volonté de ne pas croire. Au commencement du chapitre, la foule venait après Jésus pour voir les miracles qu’il faisait. Eux-mêmes avaient été rassasiés de pain miraculeusement, ils le cherchaient à cause de cela ; mais dès qu’il leur parle de croire en lui pour avoir la vie, toutes ces manifestations de puissance ne leur disent plus rien ; ils raisonnent. Le Seigneur avait bien dit aux Juifs : «Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie» (chap. 5:40). En rappelant que Moise avait donné la manne à leurs pères, ils considèrent Jésus bien au-dessous de cet éminent serviteur de Dieu ; mais le Seigneur en profite pour établir toute la vérité de ce qu’il est comme pain de vie et par conséquent sa supériorité.

La vraie nourriture

Le «pain du ciel» renvoie en effet à Exode 16 (4-5): «Alors le SEIGNEUR dit à Moïse : Je vais faire pleuvoir pour vous du pain depuis le ciel. Le peuple sortira pour en recueillir chaque jour la quantité nécessaire ; ainsi je le mettrai à l’épreuve pour voir s’il suit ou non ma loi». Ce pain qui ne se possédait pas, qui ne se plantait pas, qui ne se conservait pas. Qui était donné. Ce pain toujours inattendu, toujours étonnant. C’est d’ailleurs le nom qu’il portera : la manne, en hébreu «Man-hou» : qu’est-ce ? C’était le pain étonnant. C’était le pain qui ne se fabriquait pas. Le pain sans effort, le pain sans ingéniosité, le pain sans argent, le pain qui ne se méritait pas, le pain garanti qui ne manquait jamais, inépuisable. Plus que de pain, ou avant le pain, c’est de confiance qu’a besoin l’homme, d’une parole qui dé-préoccupe ; c’est le besoin de se libérer de son inquiétude du manque de pain, qui paralyse. Ce que constate cette parole du Deutéronome, qui sera reprise par Jésus qui affrontera lui aussi le manque du pain dans le désert : «Il t’a mis dans la pauvreté, il t’a fait avoir faim et il t’a donné à manger la manne que ni toi ni tes pères ne connaissiez, pour te faire reconnaître que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais qu’il vit de tout ce qui sort de la bouche du SEIGNEUR» (Deutéronome 8,3). Parole qui sera reprise par Jésus à l’occasion d’une autre affaire de pain lors du récit de la tentation (Matthieu 4).

La manne, le pain donné, le pain quotidien que nous demandons dans le Notre Père nous renvoie à la manière dont nous savons gérer nos désirs et déposer nos peurs dans la confiance.

Dieu vient habiter nos manques. Il est inutile et illusoire d’essayer de les combler par des biens matériels ou par les pratiques spirituelles proposées par les livres de développement personnel. Ce sont des nourritures qui ne rassasient jamais, des sources qui n’étancheront jamais la soif. La vie éternelle est un don, jamais un dû. Elle n’est jamais le résultat d’un effort, elle n’est jamais la récompense d’une performance. La manne était donnée, chaque matin, juste en quantité suffisante, pour chacun. Point.

Le Seigneur reprend donc la pensée de la manne et répond : « En vérité, en vérité, je vous dis : Moïse ne vous a pas donné le pain qui vient du ciel, mais mon Père vous donne le véritable pain qui vient du ciel. Car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel, et qui donne la vie au monde… Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; et celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jean 6:32-35).

Le Seigneur montre aux Juifs que ce n’était pas Moïse qui leur avait donné le pain qui vient du ciel ; la manne n’était qu’une image du « véritable pain » que son Père voulait leur donner. Il était lui, Christ, ce pain véritable ; il était descendu du ciel comme le « pain de Dieu », afin de donner la vie au monde. Pour cette raison, il était aussi le « pain de vie », et quiconque venait avec foi à lui, n’avait plus faim ni soif.

Quiconque croit au Fils a la vie éternelle (6:47). Quel fait merveilleux !

Mais l’homme doit venir. Venir à Christ ne signifie rien d’autre que croire en Christ. Cela ressort clairement du verset 35, comme de l’évangile selon Jean d’une manière générale. Sous cet aspect, « venir » et « croire » sont synonymes. Seul le point de vue diffère un peu. « Venir » désigne le mouvement de l’âme vers Christ et « croire » indique la confiance qu’elle place en lui.

Avec cinq pains, le Seigneur avait rassasié une grande foule ; saisissant cette occasion, il lui parle du pain descendu du ciel. L’âme ne peut pas vivre sans le pain de Dieu : «L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu» (Matt. 4:4). Si nous négligeons la lecture de la Parole, nous sommes faibles. Nous avons besoin d’elle autant que de l’air que nous respirons ou de la nourriture que nous mangeons.

Jésus seul peut répondre aux profonds besoins de l’âme, à la faim et à la soif. Jésus seul les apaise. Il a laissé sa vie en rançon, il est mort pour nous, pécheurs. Du moment que nous sommes venus à Christ, nous sommes assurés de tout : Christ a donné sa vie, son sang est devant Dieu ; il est entré lui-même en la présence de Dieu avec l’efficacité de ce sang. La vie que Jésus avait, comme homme, a été donnée ; nos péchés, portés par lui, se sont écoulés, pour ainsi dire, avec son sang ; ce sang les a lavés ; la mort les a expiés, et le sang est présenté à Dieu.

Jésus est l’objet de la foi. Croire en Lui est la seule œuvre qui convient à l’homme pécheur, si on peut appeler cela une œuvre. C’est le Fils de l’homme que le Père a scellé, et Il est la seule base que le Père pouvait accepter pour permettre au pécheur de s’approcher de Dieu, et c’est Lui seul qu’Il fournit comme la nourriture qui demeure jusqu’en la vie éternelle. C’est pour cela qu’Il L’a envoyé pour être la vraie Pâque.

La présence de Jésus au milieu de ses disciples fait du bien, elle est bonne, elle rassasie de vérité et de lumière nos existences quotidiennes. Alors ne nous affamons pas de Lui !

Délectons-nous de sa présence, de sa Parole, de son Esprit ; savourons tous ces bienfaits qui résultent de sa grâce et de son amour pour nous, et invitons d’autres personnes à manger de ce pain-là ! Parlons-leur du Seigneur, offrons des Bibles, partageons le trésor de notre foi au Christ vivant qui donne la vie éternelle à celui qui croit ! Amen.