Prédication du 05 septembre 2021.

Message apporté par le pasteur Clémence Bury.

Jean 6 : 41-51 05/09/21

« Sa mort me donne la vie »

*Prière

Fin juillet et début août, nous avons commencé ensemble à méditer le chapitre 6 de l’Evangile de Jean, avec tout d’abord le récit de la multiplication des pains puis le discours de Jésus affirmant qu’il est le pain de vie. Nous avons vu que la foule suivait Jésus à cause des signes qu’il faisait, notamment la guérison des malades ou parce qu’ils avaient été rassasiés…

Je vous propose aujourd’hui de poursuivre la lecture de ce chapitre et de nous replonger ensemble dans la comparaison de la manne donnée et de Jésus comme pain de vie.

*Lecture

Le discours sur le pain de vie, faisant suite aux miracles de la multiplication des pains, se poursuit dans l’Évangile que nous proclamons ce dimanche. Les contemporains de Jésus murmurent contre lui, comme le firent les pères au désert. Le murmure est une attitude spirituelle : elle revient à tenir pour peu d’importance les dons même de Dieu et à ne pas croire que la fidélité de Dieu puisse se manifester ici et maintenant : comment celui-là peut-il dire qu’il est le pain de vie ? Comment cet individu, ayant vécu en Galilée au Ier siècle, exerçant le métier de charpentier, comment celui-là peut-il donner goût à la vie ?

Les Juifs murmurent, parce que le Seigneur dit qu’il était descendu du ciel. Ils voyaient le Fils et ne croyaient pas en lui : ils le connaissaient selon la chair ; il était pour eux le fils de Joseph ; ils ne discernaient pas en lui le Fils de Dieu. Il en va de même aujourd’hui pour ceux qui ne voient en Jésus qu’un homme parfait, exemplaire, modèle de l’humanité ; ils ne discernent pas le Fils de Dieu et, comme ils ne croient pas en lui comme tel, ils ne peuvent être sauvés. La foi qui sauve est la foi au Fils de Dieu envoyé du ciel pour sauver le pécheur en mourant à sa place. Toute autre croyance en Jésus laisse l’homme dans son état de perdition éternelle.

La réponse de Jésus à ce murmure n’est pas une argumentation mais une attitude qu’il tente de décrire : il dit combien la vie de ceux qui l’entourent est précieuse à ses yeux. À plusieurs reprises dans ce discours sur le pain de vie, Jésus parle de ce que le Père lui a donné : quelle belle expression ! Parfois nous disons qu’une personne n’est pas un cadeau. Jésus regarde tous ceux qui s’approchent de lui comme un cadeau que le Père lui fait et il accepte de mourir pour nous ressusciter, c’est-à-dire pour nous offrir comme lui et avec lui, éternellement, au Père. En nous entraînant dans ce mouvement, Jésus est bien le pain vivant qui nourrit notre vie, qui lui donne sens.

Jésus regarde les hommes et les femmes qui s’approchent de lui comme étant conduits jusqu’à lui par le Père lui-même ! En nous rapprochant de Jésus, le Père nous instruit, nous indique la route à suivre, celle qui nous permettra de traverser cette vie jusqu’à la vie éternelle, comme la manne permit aux pères de traverser le désert jusqu’à la terre promise. Oui, Jésus, par sa seule présence, rassasie et donne la force de prendre la route qui conduit jusqu’à la vie éternelle. C’est pour Jésus une mission et une joie.

L’aveuglement et l’incrédulité de l’homme ne font que prouver la nécessité d’une œuvre de grâce pour pouvoir venir à Christ. Tous sont libres de venir, mais, laissé à lui-même, l’homme ne viendra pas. Il n’y a personne qui comprenne, personne qui cherche Dieu. Aussi le Seigneur montre-t-il clairement que les hommes ne peuvent pas être bénis autrement que par la grâce souveraine. « Nul ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m’a envoyé ne le tire ». Il est important de remarquer que celui qui est attiré par le Père ne sera jamais perdu, et qu’au dernier jour il aura sa part avec les rachetés dans un tout nouveau monde, dans un tout nouvel état. Une telle âme est enseignée de Dieu pour reconnaître le Fils : le Père lui a parlé ; elle a appris de Lui ; elle vient à Christ et est sauvée ; non pas que quelqu’un ait vu le Père, sinon Christ lui-même. Christ l’avait révélé, et celui qui croyait en Christ avait la vie éternelle (v. 47). Solennelle mais précieuse assurance ! La vie éternelle est descendue du ciel dans la personne du Fils, et celui qui croit en lui, la possède selon la grâce efficace du Père qui l’attire à Christ, et selon le salut parfait que Christ a accompli ; sa foi saisit, quant à la vie, ce Fils de Dieu qui manifestera sa puissance plus tard, en ressuscitant d’entre les morts le racheté.

Les versets 39, 40 et 44 se terminent tous par la mention de la résurrection. Ils nous présentent ce que le Père a donné au Fils. Le Père « tire » la personne pour qu’elle puisse venir à Jésus. De notre côté la foi en découle ; elle amène à la possession de la vie éternelle. Le Seigneur trouve, en Ésaïe 54:13, une prophétie concernant ce travail intérieur du Père. Jésus sait ce qu’il va faire dans les enfants d’Israël qui seront rachetés et restaurés au début du siècle à venir. Il sait qu’il accomplit déjà cette œuvre à ce moment-là ; il continue à la faire aujourd’hui. Personne n’a vu le Père avec les yeux de la chair. Seuls ceux qui sont « de Dieu » le voient, et cela par la foi.

Jésus affirme de nouveau (v. 47) que celui qui croit en lui a la vie éternelle. Il n’est donc pas possible de l’obtenir par un autre moyen ; c’est pour cela qu’il est venu. Il ne dit pas «aura la vie éternelle», mais «il a», dès le moment qu’il croit, non parce qu’il sent qu’il a la vie, mais parce qu’il croit.

La vie du chrétien est un don merveilleux qui fait apprécier la grâce de Dieu qui attire l’homme, voulant que tous soient sauvés, et son amour manifesté en Christ.

Au verset 48, le Seigneur reprend la pensée de la manne et enseigne de manière plus approfondie ce que signifie le « manger » Lui comme pain de vie.

Les Juifs avaient rappelé au Seigneur la manne que leurs pères avaient mangée au désert, mais maintenant, dans un certain contraste, le Seigneur Jésus se présente comme le « pain vivant ». Nous pouvons aussi dire : Il montre comment lui, dans sa personne, surpassait infiniment le type. Les pères avaient effectivement mangé la manne, mais ils étaient néanmoins tous morts. Il en allait tout autrement de celui qui mangerait de ce pain vivant. Christ était descendu du ciel et habitait sur cette terre dans l’humilité, parfaitement accessible à tout homme. Telle est la grande vérité présentée ici : Le Fils de Dieu est devenu homme (Jean 1:14) ; la vie qui était auprès du Père nous a été manifestée (1 Jean 1:2).

Si donc quelqu’un mangeait de ce « pain », il ne mourrait pas, mais vivrait éternellement.

Remarquons au passage le renversement qui s’opère ici par rapport au récit de la Genèse. En Eden, manger du fruit de l’arbre de la connaissance apportait la mort. Ici, manger le pain de Dieu apporte la vie !

Rappelons ici ce que signifie « manger » et « boire » dans ce contexte. Quand nous mangeons ou buvons quelque chose, nous en faisons usage pour notre bien, nous nous l’approprions, nous nous identifions si étroitement avec l’aliment que nous consommons qu’il devient une partie de nous-mêmes. C’est exactement ce que fait aussi la foi. Elle s’empare des choses spirituelles, les « savoure » et les adopte.

Se nourrir du Seigneur Jésus comme du véritable pain signifie donc faire usage par la foi de la « Parole » faite chair, en qui est la vie, se l’approprier par la foi. La vie éternelle est liée à cela, dit le Fils de Dieu.

Mais ensuite, le Seigneur ne laisse subsister aucun doute sur le fait qu’il est devenu homme afin de mourir ici-bas. Personne ne pouvait être sauvé autrement.

La cène est le symbole de cette mort, mais ce n’est pas d’elle qu’il est question dans ce passage, où il s’agit de manger la chair et de boire le sang de Christ, pour avoir la vie éternelle. La Cène ne confère pas le salut, seule la foi le permet !

Si, dans la première partie du verset, le Seigneur a parlé de son incarnation, maintenant, par les mots « donner ma chair », il indique sa mort expiatoire. Il anticipe la croix. Là il subirait la mort pour le « monde ». Pour avoir la vie éternelle, il fallait s’identifier personnellement au Fils de l’homme et à Sa mort comme sacrifice.

Pourtant, quelle grâce parfaite ces paroles du Seigneur manifestent aussi ! Il a voulu prendre la place que nous avions méritée. Et nous savons qu’il l’a effectivement prise.

À Lui la louange, la reconnaissance et l’adoration dès maintenant et pour toute l’éternité !

Ce passage ne présente plus de difficulté, lorsque nous avons compris ce que le Seigneur veut dire en Jean 6 par manger et boire, à savoir s’identifier avec Lui comme Celui qui peut véritablement satisfaire le cœur de l’homme et lui donner la vie éternelle. « Manger sa chair » et « boire son sang » ne sont que des expressions imagées exprimant que quelqu’un s’identifie par la foi à un Christ mort. Et de nouveau, cela signifie uniquement que le croyant est conduit par la grâce de Dieu à reconnaître son propre état dans la mort de Christ. Celui qui le fait a la vie éternelle ; celui qui ne le fait pas n’a pas la vie en lui-même.

Plus simplement, nous pouvons dire que ces versets nous présentent ce qui, dans d’autres passages du Nouveau Testament, est appelé le « salut ». Mais ce salut dépend de la foi dans un Sauveur mort, de la foi en son sang (Rom. 3:25). La connaissance d’un Christ vivant, à laquelle beaucoup veulent se limiter, ne conduit pas à la vie éternelle. De nombreuses personnes seraient toutes prêtes à prendre la vie de Christ comme modèle, mais s’offusquent de sa mort.

Aussi le Seigneur passe-t-il sans transition du « pain » aux expressions « ma chair » et « mon sang ». Celui qui croit véritablement en sa Personne croit au miracle de son incarnation aussi bien qu’à celui de sa mort. Seule une telle foi est liée à la vie éternelle.

Souvent nous veillons moins à la qualité de la nourriture que nous donnons à nos âmes qu’à celle que nous donnons à nos corps. Une seule chose répond aux besoins de l’âme : la communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ ; la nourriture qui rassasie, c’est Christ. Les vérités les plus précieuses, détachées de la personne vivante de Christ, ne rassasient pas notre âme ; au moment de l’épreuve ou de la tentation, elles ne préservent pas de la chute. Le seul état normal du croyant, c’est la marche avec Dieu, le regard fixé sur Jésus.

Dieu ne nous enseigne pas des théories, mais des vérités vivantes, et il nous demandera compte de tout ce qu’il nous aura révélé.

«Moi, je suis le pain descendu du ciel» (Jean 6:41). Est-ce que nous mangeons Christ tous les jours ? De quoi nourrissons-nous nos âmes ? Quelle que soit la réponse, Dieu la connaît. Qu’avons-nous fait du pain descendu du ciel ? Ceux qui avaient mangé la manne étaient morts ; celui qui mange Christ a la vie éternelle et sera ressuscité au dernier jour. «Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle» (Jean 6:54). La manne, le pain descendu du ciel, était une nourriture pour le peuple. Mais pour que les croyants puissent se nourrir de Christ, il fallait qu’il meure. Il n’y a pas de relations possibles entre Dieu et un homme, entre Dieu et son peuple, sans la mort de Christ. Le chrétien s’identifie, par la foi, à Christ dans sa mort et bénéficie des résultats de sa mort ; il passe de la mort à la vie éternelle. Le chrétien se nourrit d’un Christ mort et il entretient la vie qu’il a reçue en croyant. Il est dans ce monde comme Jésus : un homme mort, crucifié. Désirons-nous être comme Christ pour le monde, et le monde peut-il nous considérer comme des morts pour lui ? Nous devons réaliser la mort à tout ce qui est dans ce monde et y vivre comme Christ a vécu : «C’est pour Dieu qu’il vit» (Rom. 6:10).

Nous en Christ et Christ en nous, c’est la communion avec Christ.

Du moment que l’on est en communion avec Jésus, on comprend qu’il n’y a plus pour l’âme ni faim, ni soif. Jésus s’est humilié jusqu’au supplice, jusqu’à donner pour nous sa chair et son sang. Il est descendu du ciel pour être serviteur, pour faire, non sa volonté, mais celle du Père. À son plus grand ennemi, il ouvre aujourd’hui les bras s’il vient à lui, et il le sauve. La volonté du Père est que Christ ne perde rien de ce que le Père lui a donné. Toute âme qui a été attirée à Jésus a ainsi, comme gage, la vie éternelle. Du moment que nous sommes venus à Christ, nous sommes assurés de tout : Christ a donné sa vie, son sang est devant Dieu ; il est entré lui-même en la présence de Dieu avec l’efficacité de ce sang. La vie que Jésus avait, comme homme, a été donnée ; nos péchés, portés par lui, se sont écoulés, pour ainsi dire, avec son sang ; ce sang les a lavés ; la mort les a expiés, et le sang est présenté à Dieu. Nos âmes pensent à Jésus mort et se nourrissent de cette mort par la foi.

Dès lors, et tant que nous sommes ici-bas, Jésus nous nourrit continuellement de sa vie et de sa mort. Nos affections sont attachées à lui, qui est le témoignage de la tendresse et de l’amour de Dieu pour nous ; et, tandis qu’il est en haut, intercédant pour nous, nous sommes attirés à lui et détachés de coeur des principes de ce monde. Si sa mort me montre la sainteté et la colère de Dieu, elle donne en même temps une réponse à tout ce que Dieu exige. C’est dans la personne et l’amour de Jésus que nous apprenons à connaître Dieu comme un feu consumant.

Notre communion n’est pas avec le monde, ni avec la chair, ni avec ce qui peut la flatter ; elle est avec notre Seigneur Jésus Christ mort sur la croix. Notre communion est avec un Christ glorieux à la droite de Dieu. Tout ce qui nous attache à un monde vivant nous empêche de jouir d’un Christ mort pour nous.

Que le Seigneur nous accorde la grâce de nous nourrir de lui, et de réaliser la puissance de sa mort et la puissance de sa résurrection ! Christ n’est pas mort seulement pour nous ouvrir le ciel, mais pour que, dès maintenant, nous vivions à sa suite comme des morts pour le monde et des vivants pour Dieu dans la puissance de l’Esprit ! Amen.