Prédication du 09 Mai 2021.

Prédication de notre Pasteur Clémence Bury.

Jean 15 : 9-17 09/05/21

Dans le chapitre 15 de l’évangile de Jean, Jésus considère ses disciples comme étant dans le monde, avec le privilège et la responsabilité qui s’y rattachent.

Il y a trois exhortations : Demeurez en moi. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez. Demeurez dans mon amour.

La semaine dernière, nous avons médité les huit premiers versets de ce chapitre, qui insistaient sur la nécessité de demeurer en Christ pour porter du fruit pour le Père.

Dans les versets qui suivent, l’apôtre Jean nous montre comment et où porter ce fruit pour le Père.

*Lecture

Dans ces 8 versets, on retrouve 9 fois le mot amour sans compter la mention des amis qui dérivent du même mot !

Nous voyons dans ces versets l’introduction de quelque chose de nouveau : l’assemblée chrétienne, céleste dans son origine et dans sa destinée, même si elle est laissée un temps dans le monde pour représenter Christ — l’homme dans la gloire.

En écoutant les paroles du Seigneur, gardons à l’esprit les deux événements capitaux qui sont à la base de tout l’enseignement de ses paroles d’adieu. D’abord, la grande vérité, placée à maintes reprises devant nous, que le Seigneur était sur le point de quitter le monde pour occuper une position nouvelle comme homme dans le ciel ; secondement, le fait qu’une personne divine — le Saint Esprit — allait venir du ciel sur la terre. En conséquence de ces deux grands événements, il se trouverait dans ce monde une compagnie de croyants unis, par le Saint Esprit, à Christ dans la gloire et les uns aux autres. C’est à cette nouvelle compagnie, représentée par les disciples, que le Seigneur adresse ses dernières paroles.

Après avoir révélé à ses disciples son désir de les voir porter du fruit — manifester les traits exquis de son propre caractère — dans un monde dont il serait absent, le Seigneur place maintenant devant eux la nouvelle compagnie chrétienne dans laquelle seule il peut y avoir du fruit. N’est-il pas évident que la pleine manifestation du fruit exige l’existence d’un groupe, car plusieurs des grâces de Christ pourraient difficilement être exprimées par un disciple isolé ? La patience, la douceur, la bonté et d’autres traits de Christ, ne peuvent être manifestés pratiquement que lorsque nous nous trouvons avec d’autres personnes.

Si Christ était personnellement présent sur la terre, nous désirerions tous être dans sa compagnie ; mais puisqu’il s’en est allé, nous aimerons sûrement être avec ceux qui manifestent quelque chose de ses caractères ; tandis que les grands systèmes religieux humains, où il y a tant de l’homme et si peu de Christ, cesseront d’exercer de l’attrait.

Examinons maintenant les différents caractères de cette assemblée chrétienne :

Le premier caractère, et le plus prééminent est l’amour de Christ. C’est à de tels que le Seigneur dit : « Demeurez dans mon amour ». La jouissance de leurs bénédictions, aussi bien que la puissance de leur témoignage, dépendront de ce qu’ils demeurent dans le sentiment conscient de l’amour de Christ. Mais s’il y en a qui ont à cœur de répondre aux paroles du Seigneur et de demeurer dans son amour, qu’ils prêtent attention aux enseignements du Seigneur, car il indique le chemin. Nous ne pouvons demeurer dans son amour qu’en marchant dans le sentier de l’obéissance. « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour ».

La deuxième grande caractéristique est la « joie », mais la joie de Christ. Le Seigneur peut dire : « Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit accomplie ». Il ne s’agit pas d’une simple joie naturelle, encore moins de la joie du monde.

C’est la joie de Christ, une joie qui découle « de la conscience et de la jouissance ininterrompues de l’amour du Père ». Il existe, certes, des joies terrestres qui sont approuvées de Dieu et qui, en leur lieu et temps, peuvent être goûtées légitimement, mais de telles joies passent : « Le bonheur paraît et s’efface ».

Il y a toutefois dans le croyant une source de joie qui jaillit en vie éternelle et ne tarira jamais. C’est ainsi que le Seigneur peut parler de sa joie comme ce qui peut « être » en nous. Il s’agit bien là d’une joie qui survivra aux joies passagères du temps — la joie qui demeure parce qu’elle prend sa source en Dieu en qui il n’y a pas l’ombre d’une variation . La joie qui a sa source dans l’amour du Père durera aussi longtemps que l’amour dont elle jaillit. De plus, la joie dont le Seigneur parle n’est pas seulement une joie qui demeure, mais il peut dire à ses disciples qu’elle sera « en vous ». Étant en nous, elle n’est pas, comme la joie de ce monde, dépendante des circonstances extérieures.

Nous aussi, dans la mesure où nous marcherons dans l’obéissance au Seigneur, nous demeurerons dans la conscience de son amour. Et, dans le rayonnement de son amour, nous trouverons non seulement sa joie, mais une plénitude de joie qui ne laisse aucune place aux regrets relatifs à la faillite de toutes les choses terrestres.

Troisièmement, l’assemblée est caractérisée par l’amour. Non seulement elle est aimée, mais elle est rendue capable d’aimer, car tel est le commandement du Seigneur : « Que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés ». Cet amour ne doit pas être selon un modèle humain, qui souvent est un amour égoïste ; mais il s’agit d’un amour qui n’a pas une mesure inférieure à l’amour du Seigneur pour nous, un amour dans lequel il n’y a rien du moi ; le Seigneur peut dire : « Personne n’a un plus grand amour que celui qui laisse sa vie pour ses amis ».

Quatrièmement, l’assemblée jouit de la confiance de Christ, reçoit ses confidences, et est appelée à connaître les conseils secrets du cœur du Père. Le Seigneur traite les siens non pas simplement comme des esclaves auxquels des ordres sont donnés, mais comme des amis auxquels des secrets sont communiqués. Il peut dire : « Je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père ».

Cinquièmement, cette assemblée a été choisie. Le Seigneur dit : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai choisis ». Le choix venait de lui, et non de nous. Il est heureux qu’il en soit ainsi. Si, dans un moment d’enthousiasme sentimental, nous avions choisi le Seigneur comme notre Maître, Celui auquel aller et pour qui produire du fruit, il y a longtemps que, sous la pression des circonstances, nous aurions abandonné, si Lui ne nous avait choisi le premier.

En dernier lieu, c’est une assemblée qui prie et qui dépend du Père, ayant accès à lui au nom de Christ. Jouissant de l’amour de Christ et admis dans les confidences de Christ comme ses amis, de tels croyants seront instruits dans sa pensée de sorte que, quelle que soit la chose qu’ils demanderont au Père au nom de Christ, il pourra la leur donner.

Telle est l’assemblée chrétienne selon la pensée du Seigneur. Un cercle dans lequel tout ce qui est de Christ peut être connu et goûté, car combien les petits mots « mon », « ma », « mes », venant des lèvres du Seigneur, résonnent avec douceur à nos oreilles. Lié aux siens, il peut dire : « mon amour », « ma joie », « mes commandements », « mes amis », « mon Père » et « mon nom ». Ici aussi, on trouve « toute l’histoire de l’amour dans l’amour du Père pour le Fils, l’amour de Jésus pour les siens, l’amour des siens les uns envers les autres ; chaque étape étant à la fois la source et la mesure de la suivante ».

Le tableau de l’assemblée chrétienne, tel qu’il est tracé par le Seigneur, est certes magnifique, mais, hélas ! c’est en vain que nous cherchons parmi les siens une réalisation pratique générale des désirs du Seigneur. Toutefois, malgré toutes nos divisions et notre dispersion, ne réglons pas notre marche sur un modèle inférieur, mais cherchons chacun individuellement à répondre à la pensée du Seigneur. Il s’agit bien d’un programme de vie auquel nous devons aspirer !

« Ces choses » dont le Seigneur a parlé, ont été introduites par l’amour de Christ pour les siens ; leur but est d’unir les disciples dans l’amour les uns pour les autres. Ainsi nous pouvons apprécier l’à-propos des paroles du Seigneur : « Je vous commande ces choses, c’est que vous vous aimiez les uns les autres ».

C’est un grand privilège, aussi bien qu’une grande responsabilité, d’être laissés sur la terre pour porter du fruit ; c’est un privilège encore plus grand de savoir que nous sommes, nous-mêmes, les objets de l’amour divin et que nous avons à le manifester.

L’amour de Jésus reposait sur ces disciples (il repose aussi sur nous), tout comme l’amour du Père repose sur lui. Nous avons à demeurer dans la connaissance, la conscience et la jouissance de son amour. Pour réaliser cela, il faut obéir à ses commandements.

Jésus a parlé de garder ses commandements, en général ; il y a, cependant, un commandement qu’il a déjà signalé d’une façon particulière (13:34), il y revient de nouveau. L’amour doit abonder entre les disciples, selon le caractère de l’amour parfait de Jésus à leur égard. L’amour qui découle de la possession de la nature divine doit circuler au sein de la famille de Dieu. La chair est en chacun de nous et les divergences entre les croyants sont innombrables, d’où les multiples occasions de conflits et de torts. Le commandement du Seigneur est que l’amour de la nature divine triomphe sur les conflits de notre nature charnelle. Comment avons-nous obéi à ce commandement ? Notre défaillance à cet égard explique pourquoi nous demeurons si peu dans son amour et pourquoi sa joie demeure si peu en nous. Cela signifie aussi que nous sommes de piètres disciples et que nous glorifions bien peu le Père.

L’amour humain a ses limites (v. 13). Le Seigneur enseigne ses disciples à se considérer les uns les autres comme des amis parce qu’ils sont tous, individuellement, ses propres amis. Ils sont, en effet, caractérisés par l’obéissance à ses commandements. Jésus s’en allait pour laisser sa vie pour eux, mais il s’est trouvé en lui un amour qui surpassait de beaucoup tout ce qui était connu parmi les hommes. C’est son amour, non pas un amour simplement humain, qui allait imprimer son caractère sur l’amour mutuel des disciples.

La part du croyant ici-bas est merveilleuse et infinie, puisqu’elle est identique à celle de Jésus lorsqu’il était dans ce monde. En demeurant en lui, nous porterons du fruit comme lui, pour la gloire de son Père. En lui obéissant, nous jouirons de l’amour dont il a joui en gardant les commandements de son Père, et une joie semblable à la sienne sera accomplie en nous. Puissions-nous tous réaliser constamment une part si riche, si élevée ! Nous serions ainsi gardés de rechercher quelque satisfaction dans le monde qui a rejeté celui en qui nous possédons tout pour notre bonheur présent et éternel.

La jouissance de l’amour ne se réalise pas seulement entre le Seigneur et nous ; il doit se manifester aussi les uns envers les autres. «C’est ici mon commandement», dit Jésus : «Que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés.

Il ne s’agit pas du devoir moral général d’aimer son prochain, mais de l’amour réciproque des chrétiens, dont la norme est Son propre amour à Lui envers eux. Si Christ vit en moi, je vis par la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré Lui-même pour moi (Gal. 2:20) ; et cette vie est caractérisée non seulement par l’obéissance, mais par l’amour selon sa source.

Jésus veut que nos coeurs aient une confiance pleine et entière, que nous comptions sur ce qu’Il est malgré nos imperfections, notre faiblesse, notre ignorance. C’est l’absence de cette confiance dans son amour qui produisait le manque de fidélité chez les disciples. Il nous a pourtant donné, comme à eux, assez de preuves de son amour !

Le Seigneur entend-Il vraiment que notre joie puisse être accomplie alors que nous sommes encore dans ce monde ? Il y a tant de choses qui viennent nous troubler, difficultés, épreuves, etc., mais c’est bien dans ce monde que Jésus a accompli toute son oeuvre et que son amour a pris soin de nous. Il ne dit pas : «Quand vous serez dans le ciel, demeurez dans mon amour» ; car il est évident que nous ne pourrons pas en sortir ; mais c’est ici-bas qu’Il veut que nous demeurions en Lui, afin qu’ici-bas déjà sa joie soit accomplie en nous. Croyez-vous cela ?

Les disciples avaient vu maintes preuves de son amour, et nous, en marchant jour après jour en Lui, nous constaterons en toutes choses une telle fidélité chez Lui, que nous aurons pleinement de quoi nous réjouir et nous assurer en Lui. Quelle joie délicieuse de pouvoir dire : «Je suis dans ses bras». C’est ce qui verse la joie dans le coeur ; c’est en marchant dans ses commandements que l’on jouit de ces choses.

Jouissons-nous de cet amour de Jésus ? Croyons-nous que quand Il dit : «Je vous appelle mes amis», nous le sommes effectivement ? Pouvons-nous dire : Oui, nous le sommes, nous savons ce que c’est ; notre confiance journalière en Lui est basée sur ce précieux témoignage qu’Il nous donne. Marchons-nous avec Lui de manière à ce que notre lumière et nos intérêts soient les mêmes que les siens ? Notre coeur se tourne-t-il vers Lui dans toutes les circonstances, car voilà ce que doit être un chrétien ? Il faut que les affections de nos coeurs soient toutes formées sur cette révélation qu’Il est venu attacher nos coeurs à Dieu. La joie céleste ici-bas c’est la conscience que ce qu’on a, c’est la joie du ciel. Nous ne trouverons dans le ciel ni un autre Père, ni un autre Jésus que celui qui veut habiter dans nos coeurs maintenant. Pourrait-il y avoir en Lui une autre intention que celle de nous rendre parfaitement heureux ? C’est en regardant à Lui que les affections sont produites et en même temps satisfaites.

Si aujourd’hui, nous ne sommes pas sûrs d’être l’ami de Jésus, nous sommes appelés à nous tourner vers Lui, à lui ouvrir notre coeur et à le recevoir comme Sauveur et Seigneur, le mâitre de notre vie.

Je prie que nous sortions de ce Temple tout à l’heure, avec la conscience affermie de l’amour de Dieu pour nous ; que cette prise de conscience éclaire toute notre vie d’une joie incomparable, celle d’être aimé de Celui qui est parfait, d’être appelé son ami ; et qu’elle nous rende capable d’aimer à notre tour nos frères et sœurs dans la foi, à la ressemblance de Christ. Amen.