Prédication du 11 décembre 2026.

Prédication apportée par notre Pasteur Clémence Bury.

11 janv. 2026 – Es. 42, Ac. 10, Mt. 3

Es. 42 : 1-7 ; Ac. 10 : 34-38 ; Mt. 3 : 13-17

« La justice de Christ, bon plaisir de Dieu »

*Prière

*Lecture

Ces passages forment un ensemble profondément cohérent. Ésaïe annonce le Serviteur choisi, soutenu par Dieu, rempli de l’Esprit et envoyé pour établir le droit et être lumière des nations. Dans les Actes, Pierre affirme que cette paix est désormais annoncée à toutes les nations, car Jésus-Christ est le Seigneur de tous. L’Évangile révèle enfin l’accomplissement de ces promesses : Jésus est baptisé, l’Esprit repose sur lui et le Père le déclare Fils bien-aimé.

Du point de vue de la théologie de l’alliance, ces textes sont fondamentaux. Le Christ apparaît comme le Médiateur de l’alliance de grâce. En recevant le baptême, il s’identifie à son peuple, assume l’histoire d’Israël et reçoit l’Esprit en tant que chef de l’humanité nouvelle. Il ne se contente pas d’annoncer l’alliance : il l’incarne. En lui, les promesses faites aux pères trouvent leur accomplissement, et l’alliance s’étend aux nations sans perdre son centre, Jésus-Christ seul.

Ces trois textes s’accordent pour nous présenter Jésus, le Christ, celui qui est choisi par Dieu et qui a son approbation, ce sera le 1er point.

Dès aujourd’hui, la justice nous est acquise par le nom de Christ, ce sera le 2ème point.

Nous sommes alors appelés à manifester le droit et la justice dans nos vies et autour de nous, ce sera le 3ème point.

1. Christ, celui que Dieu a choisi et qui fait son plaisir

Voici donc présenté devant nos yeux Jésus, le Christ, celui qui est choisi par Dieu et qui a son approbation ; celui qui réussit là où le peuple avait échoué ; celui qui vient révéler le droit et la justice, et offrir la libération.

Voici mon serviteur, dit l’Éternel dans le passage d’Ésaïe… celui qui est soutenu, choisi, approuvé par Dieu. Sur lui est l’Esprit de Dieu (cf. Mt). Il révélera le droit aux nations (cf. Ac). Ses caractéristiques sont la douceur, la vérité, le droit (justice), sans oublier la persévérance à instaurer ce droit sur la terre : voilà notre espérance ! Nous pouvons en toute assurance nous attendre à lui, attendre son retour et l’établissement de son règne, car Jésus ne se lassera pas avant d’avoir parfaitement accompli sa mission. Au jour de l’Eternel, le droit sera parfaitement répandu sur toute la terre. Ce jour-là, il n’y aura plus ni cri, ni larme, ni deuil (Ap. 21 : 4).

Dieu Créateur qui donne le souffle et la vie, appelle, conduit, garde, envoie son serviteur pour manifester la justice, établir l’alliance, être la lumière des nations, répandre la guérison, la libération, le bien, le bon (cf. Ac).

Jésus vient accomplir ce qui est juste. Il est l’oint, celui qui est choisi par Dieu pour accomplir toute justice. Ces textes nous donnent à contempler Christ, Dieu fait homme, qui s’est incarné dans un bébé pour vivre notre vie humaine mais sans jamais pécher. Un Dieu qui par amour pour nous, a quitté la gloire du ciel pour mourir à notre place afin de nous apporter la justice, la réconciliation et la paix de Dieu.

Le royaume de Dieu est défini par sa justice, en lien avec sa sainteté. Jésus enseigne la justice parfaite que Dieu requiert, il garantit également la justice de Dieu pour les pécheurs. Son baptême attire l’attention sur sa mort « en rançon pour beaucoup », et montre l’obéissance parfaite par laquelle il accomplit toute justice.

Le témoignage venu des cieux confirme l’identification de Jésus comme roi et Fils de Dieu ; il est également le serviteur obéissant et souffrant qui a toute l’approbation de l’Éternel (cf. Ésaïe). L’apparition de l’Esprit sous forme d’une colombe nous rappelle l’activité créatrice de l’Esprit en Genèse 1 : 2 et pourrait faire référence au commencement d’une nouvelle création par le ministère de Jésus.

Le Père, Le Fils et le Saint-Esprit sont en communion dans cette œuvre de justice de Christ, comme on le voit lors du baptême de Jésus. C’est d’ailleurs la première manifestation de la Trinité dans le NT.

La paix est annoncée à-travers Jésus-Christ, Seigneur de tous. En lui se trouve la vraie justice. En lui se trouvent notre salut, notre vie, notre paix.

Au Jourdain, Jésus se tient parmi les pécheurs. Lui, le Saint, ne se sépare pas, ne se place pas au-dessus, mais entre dans la file des hommes. Il n’a rien à confesser, et pourtant il s’avance. Ce geste silencieux révèle le cœur de Dieu : un Dieu qui ne sauve pas de loin, mais en se tenant à nos côtés. C’est vrai pour l’incarnation pendant laquelle il est l’Emmanuel, Dieu avec nous. C’est aussi vrai depuis la Pentecôte pour chacun de ceux qui lui appartiennent puisqu’il a promis d’être avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Par le Saint-Esprit, Christ vit en moi et je suis appelé à demeurer en lui.

L’obéissance du Christ telle que nous la voyons dans ces textes ne cherche pas l’amour de Dieu ; elle en découle : « celui-ci est mon Fils bien-aimé ». Jésus ne cherche pas à être aimé de Dieu, il l’est ! Son obéissance résulte de cet amour et de la communion qu’il a avec le Père. Ceci est vrai pour nous également, quoique souvent, nous continuions à faire les choses à l’envers. Dieu n’attend pas notre obéissance pour nous aimer. Il nous aime pleinement et parfaitement en Christ. Ce n’est que dans notre communion avec le Christ que nous pourrons manifester la même obéissance que lui…

Comme l’écrivait Jean Calvin, le Christ « a reçu le baptême non pour lui-même, mais pour nous, afin de sanctifier en sa personne l’usage du baptême ».

Lorsque Jésus descend dans les eaux du Jourdain, la prophétie d’Ésaïe 42 s’accomplit. Il ne vient pas en conquérant, mais en Serviteur. Il assume volontairement la condition de ceux qu’il est venu sauver. Il entre dans l’eau non pour être purifié, mais pour sanctifier.

Jésus est à la foi le Serviteur souffrant et le Fils royal. Sa gloire passe par l’obéissance, et sa puissance par l’humilité.

Lors du baptême de Jésus, l’Esprit est descendu sur lui publiquement afin de lui donner la puissance d’accomplir sa mission en tant que Messie, l’oint de l’Éternel.

2. Conséquences pour nous : la justice nous est acquise, nous obtenons la paix.

Jean-Baptiste est réticent à l’idée de baptiser Jésus parce qu’il reconnaît que Jésus n’a pas besoin de repentance. Cependant, afin que « toute justice » soit accomplie, Jésus doit être identifié à son peuple, comme celui qui porte les péchés de ce dernier.

Notre attente est certaine de s’accomplir : le droit et la justice seront instaurés sur terre car c’est le but poursuivi par Dieu en Christ. Dès aujourd’hui, la justice nous est acquise par le nom de Christ, si nous plaçons en lui notre confiance, en son œuvre de salut (repentance, croix, résurrection). Jésus, en s’identifiant à son peuple, a permis notre salut et notre réconciliation. D’abord parce que, comme les prophètes avant lui, il a eu une attitude de repentance pour nous, à notre place. Ceci étant dit, il nous incombe de parvenir nous-mêmes, dès à présent, à manifester une repentance sincère devant Dieu et à ce que des fruits visibles de cette repentance soient manifestés dans notre vie.

Jésus était sans péché, il n’avait rien à confesser. Pourtant il s’est soumis au baptême de repentance, et il l’a fait pour nous ! Pour que nous soyons rendus capables de revêtir nous aussi cette attitude de repentance.

Ensuite, c’est par son identification complète aux pécheurs que nous sommes que la croix du Christ nous apporte le salut. Si c’était Dieu seulement qui allait à la croix, quel bénéfice pourrions-nous en tirer ? C’est parce que Jésus s’y tient en tant qu’homme, revêtu de nos péchés, que la dette qui nous tenait se trouve payée devant Dieu. Et c’est parce qu’il est parfaitement saint et juste que sa justice nous est acquise. C’est comme si nous changions de vêtement ! Notre péché se trouve placé sur Christ, et la justice de Christ nous habille désormais. De même dans sa résurrection, c’est parce que Jésus s’est identifié à nous que nous obtenons nous aussi la promesse de la résurrection et de la vie éternelle.

Celle-ci, d’une certaine façon, commence dès notre conversion, dès que nous avons reçu pour nous-mêmes cette œuvre de salut de Christ. Nous sommes dès lors une nouvelle créature, un nouvel humain, appelé à vivre de la vie du Ressuscité, pas seulement spirituellement mais aussi concrètement. Jésus a montré l’exemple de la vraie humanité devant Dieu, à savoir manifester le droit et la justice par notre obéissance à Dieu et notre ressemblance à Christ dans ce chemin d’obéissance.

Le pardon des péchés et le don de la justice sont reçus par la foi en Jésus.

Dieu révèle son salut non par la violence ou l’éclat, mais par la fidélité, l’obéissance et la paix donnée à son peuple.

La paix promise par Dieu n’est pas l’absence de tempête. C’est la certitude que le Roi règne encore lorsque les eaux grondent. C’est une vérité précieuse pour notre vie sur terre.

Si Jésus est Seigneur de tous, il est aussi Seigneur de toute notre vie. Il n’y a pas de domaine neutre, ni de zone exclue de sa paix. Peut-être est-ce là une réalité dans laquelle nous avons de la peine à entrer réellement ?

L’impartialité de Dieu, enseignée par ailleurs dans la loi, trouve son expression la plus complète dans l’Évangile, destiné à la fois aux Juifs et aux non-Juifs.

La paix dont il est question résulte de la réconciliation avec Dieu par le sang de Jésus ; la paix de tous les croyants.

Ce qui est vrai pour lui devient vrai pour ceux qui lui appartiennent : comme Jésus, nous sommes aimés avant d’agir, appelés avant de servir, fortifiés avant d’obéir.

Dieu n’appelle jamais ses enfants à une obéissance sans amour préalable. Avant toute œuvre, il y a une parole d’adoption. L’identité précède la mission.

Pour le dire autrement, Dieu n’attend pas de nous que nous fassions quelque chose premièrement. Il attend que nous nous revêtions de notre nouvelle identité, celle de Christ ; il attend que nous soyons ce qu’il dit que nous sommes : ses enfants bien-aimés. Alors seulement, nous devenons capables, par l’œuvre de l’Esprit Saint dans nos cœurs, de mener une vie conforme à ce qu’il attend, en imitation de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.

3. Nous sommes appelés à ressembler à Christ : le témoignage de notre vie.

Celui qui plaît à Dieu – nous dit Pierre dans le livre des Actes – c’est celui qui le craint et qui pratique la justice.

Nous sommes donc appelés à manifester dès à présent le droit et la justice dans nos vies et autour de nous. Concrètement, cela est très pratique mais nous place dans des dilemmes très inconfortables.

Manifester le droit et la justice, c’est refuser de tricher et de mentir, même si cela nous coûte. C’est donc par exemple être complètement transparents sur sa déclaration d’impôts, s’abstenir de tout piratage pour télécharger des films et de la musique. C’est aussi dire à la caissière qu’elle nous a rendu trop de monnaie, ou qu’elle a oublié de scanner un article.

Voilà trois situations concrètes, mais on pourrait en citer beaucoup d’autres : Refuser de tricher en classe, ne pas demander la bénédiction de Dieu quand notre attitude na pas été conforme à sa volonté révélée, et Dieu sait que les exemples sont nombreux.

Dans toutes ces situations que nous pourrions avoir vécues ou vivre encore, il nous faut avant tout confesser nos manquements dans la repentance. Et cela concerne aussi nos frères et sœurs ! Pensons à toutes ces situations où nous avons été injustes dans nos relations ; avec notre conjoint, nos enfants, nos parents, nos amis… C’est aussi se remettre en question et entendre réellement que parfois, nous avons blessés l’un ou l’autre par notre attitude ; parfois consciemment, d’autres pas… Alors il nous faut demander pardon ; à Dieu d’abord, mais aussi à celles et ceux que nous avons blessés, égarés, abîmés.

Le témoignage de notre vie vécue est beaucoup plus parlant que nous ne le pensons.

Il suffit de voir le nombre de personnes qui quittent régulièrement les églises… Ils ne sont pas déçus par Dieu, ils sont déçus par nous !

Et nous ne mesurons pas non plus à quel point notre vie vécue peut être un témoignage (ou un contre témoignage) pour les non-chrétiens qui nous entourent.

Si nous vivons exactement comme eux en tout, quelle différence faisons-nous ?

Si nous ne sommes pas capables de repentance, de douceur, d’humilité, de justice, quel témoignage avons-nous ? Quel Dieu annonçons-nous ?

Le Dieu que nous suivons, c’est celui qui s’est révélé en Jésus-Christ : un Dieu qui nous aime, qui nous sauve et qui nous appelle à marcher dans ses voies en nous donnant sa paix et la conduite de son Esprit.

Nous le voyons dans le livre des Actes, les témoins témoignent ! Ils sont envoyés en mission par la prédication et le témoignage. Ils sont appelés à présenter Jésus comme celui qui sauve, mais aussi comme celui qui juge les vivants et les morts.

Ce témoignage est attesté par les prophètes qui nous ont précédé (cf. Ésaïe) : quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés (et donc la justification…).

Israël en son temps était le serviteur de l’Éternel appelé à annoncer le droit aux nations (cf. témoins dans Ac.). De même nous, aujourd’hui, sommes appelés à annoncer, témoigner, prêcher, faire briller la lumière, être remplis de la puissance de l’Esprit pour faire le bien, le bon, ce qui est juste, pour la guérison, la libération de tous ceux qui cherchent Dieu : nous devons présenter Christ !

Quel meilleur objectif de vie que celui de chercher à connaître Christ toujours davantage, à vivre de sa vie, à manifester par notre vie que nous lui appartenons, à témoigner de lui, à répandre le droit, la justice, le bien, le bon, la guérison, la libération… ?

Au Jourdain, Dieu révèle son cœur. Le Fils se tient parmi les pécheurs. L’Esprit descend pour équiper. Le Père parle pour aimer.

Le baptême du Seigneur nous rappelle que le salut est une initiative divine, que l’obéissance du Christ est parfaite, et que la paix donnée à son peuple repose sur une royauté éternelle. Là où le ciel s’ouvre au-dessus du Fils bien-aimé, il s’ouvre aussi pour ceux qui sont unis à lui. Et la parole du Père devient, par grâce, notre assurance : en Christ, nous sommes aimés avant d’agir, envoyés sans être abandonnés, et gardés dans la paix du Roi souverain. C’est ce dont nous devons témoigner ! Amen.

Je voudrais que nous écoutions un chant qui reprend les paroles d’Ésaïe. Deux attitudes sont nécessaires : la première est celle de l’adoration, la contemplation de qui est Christ. La seconde est une attitude de repentance, car en Christ, c’est aussi de nous que cela parle ! Voilà ce que nous sommes appelés à être, à manifester, à vivre. Que Dieu nous soit en aide !

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