Prédication du 12 décembre 2021.

Prédication apportée par notre pasteur Clémence Bury.

Philippiens 4 : 4-7 ;

So. 3 : 14-18

*Prière

*Lectures

Dimanche dernier, le pasteur Samuel Kabo nous a déjà introduits à l’épître aux Philippiens. Cette épître constitue plutôt une exception parmi les épîtres de Paul. Il ne s’agit pas tant de la doctrine que de notre comportement. Ce n’est pas notre position ou nos bénédictions en Christ qui sont au premier plan, mais notre vie pratique comme chrétiens. Bien qu’elle soit adressée à une assemblée locale, cette épître a un caractère plus personnel que les autres épîtres écrites par l’apôtre Paul à des assemblées. Nous apprenons par là de quels sentiments il était animé.

Comment donc la doctrine chrétienne peut-elle être traduite dans notre vie quotidienne ? C’est bien la question ! Comment vivre en chrétiens dans notre famille, notre travail, etc. ? Tout dépend de la place que nous donnons à la personne du Seigneur Jésus. Notre état pratique dépend de ce qu’Il est pour nous.

Nous en revenons toujours à cette question : Jésus est-il mon Seigneur et mon Sauveur, ou simplement mon Sauveur ? Est-il présent dans ma vie, dans mes pensées, dans mes décisions, dans mon cœur ? A-t-il la première place ou bien la 5ème après ma famille, ma carrière, mes loisirs et mes amis ? Il faut que nous trouvions réellement tout en Lui. Et avec le texte de Sophonie où nous découvrons Dieu en attente et rempli de joie à notre sujet, cela prend tout son sens !

Notre façon de vivre dans ce monde devrait être radicalement différente de ceux qui ne connaissent pas Dieu. A tel point que sans même une parole, les gens autour de nous devraient être ébahis de voir notre différence ! Non seulement étonnés, mais même jaloux, envieux, ce qui par grâce pourrait les amener eux-aussi à chercher le Seigneur et à Le rencontrer !! C’est bien cela que nous voulons, n’est-ce pas ? C’est à cela que nous conduit aussi notre étude sur l’Apocalypse : l’importance de témoigner ! Et pour cela, connaître des choses sur Dieu, c’est bien, mais connaître Dieu et marcher avec Lui, c’est mieux !

On ne peut séparer la doctrine et l’enseignement pratique. La doctrine est le fondement sur lequel nous nous tenons et l’enseignement pratique nous conduit à marcher d’un pas assuré sur ce fondement, à la gloire du Seigneur. C’est ce que nous voyons dans l’épître aux Philippiens. Elle a été écrite dans les circonstances difficiles d’une prison de Rome, mais par un homme pour lequel Christ était tout. Il parle de la joie plus souvent que dans aucune autre épître. On a pu ainsi dire que c’est la lettre de la joie, car elle y est mentionnée pas moins de 12 fois ! (1, 4.8.25 ; 2, 2.17.18.28.29 ; 3, 1 ; 4, 1.4.10). Ce n’est pas dans les circonstances qu’il pouvait trouver quelque chose de réjouissant, bien au contraire ! Cette lettre, avec une intensité saisissante, parle de la captivité de Paul, de sa souffrance, de son attente d’une issue peut-être mortelle de son procès, de considérations sur l’humilité et l’humiliation, la fragilité et les risques de la condition humaine, de la grave maladie d’un proche collaborateur, de la communion avec Christ dans la souffrance, des répercussions de pratiques déloyales de la part de certains adversaires de Paul, de conflits au sein de la communauté, d’expérience de manque et de faim, de la remise en question de toute une identité forgée pendant des générations…

Mais parce qu’il avait trouvé tout en Christ, il pouvait parler de joie malgré les circonstances. Paul mettait toutes choses en relation avec la personne de son Seigneur — dont il mentionne le nom particulièrement souvent dans cette épître.

L’épître aux Philippiens est l’épître de la véritable expérience chrétienne, des expériences d’un chrétien avancé dans la foi, qui a trouvé dans son Seigneur tout ce qu’il lui fallait et qui se repose entièrement sur lui. « Pour moi, vivre c’est Christ » — c’est là son message central. Ceci est décliné en 4 chapitres et donc en 4 grands points : Christ notre vie (1 : 21), Christ notre modèle (2 : 5), Christ notre but (3 : 14), Christ notre joie et notre force (4 : 4, 13).

Dans le passage qui nous intéresse aujourd’hui, il s’agit de Christ, notre joie.

L’apôtre nous invite à nous réjouir dans le Seigneur, malgré les difficultés extérieures et le déclin de l’assemblée. «Réjouissez-vous dans le Seigneur», insiste l’apôtre. En méditant le livre de Néhémie à la réunion de prière du jeudi, nous avons lu que « la joie du Seigneur est notre force » ! Nous ne devons pas simplement croire et faire confiance, nous devons aussi nous réjouir !

Ceci nous amène à considérer ce qui serait susceptible de nous empêcher de nous réjouir dans le Seigneur. L’une de ces choses, c’est notre insistance terrible sur nos droits ; cela génère mécontentement et égocentrisme. Parce que nous avons droit à quelque chose, alors il nous le faut, sans même prendre la peine de nous demander si nous en avons vraiment besoin ! Cela empêche la joie au profit de la frustration et de l’envie.

À l’inverse, nous devons être caractérisés par la modération et la douceur, car le Seigneur est proche et Il se charge de notre cause. C’est d’ailleurs incroyable de penser que le Roi du Ciel se charge de nos préoccupations terrestres, non ?! Si nous parvenons à cette douceur, c’est un puissant témoignage au milieu de ce monde qui est si violent pour tout et rien !

Ne pensez-vous pas que les gens vont s’interroger s’ils nous voient marcher à contre-courant de tout cela ? Heureux de ce que nous avons et non envieux de ce que nous n’avons pas ? Doux et pacifique face à des gens en colère et anxieux ? La force tranquille et apaisée au cœur du tumulte ? Sacré défi pour nous !!

Et en même temps la période est idéale pour parler de joie et de paix, c’est même le cœur du message des anges aux bergers ! C’est dire si cela peut être un message vraiment percutant !

Notre douceur et notre joie est-elle connue de nos frères et sœurs, de nos collègues, de nos familles ? Combien de querelles cesseraient si nous avions conscience que le retour du Seigneur est imminent. Cela tournerait automatiquement nos regards vers le Seigneur et nos cœurs vers sa venue ! Combien de soucis cesseraient également! Car oui, il y a les divers soucis et épreuves de la vie, tout ce qui a tendance à remplir nos cœurs d’anxiété. En face de cela, Paul nous dit que notre ressource est la prière. Nous devons mêler les actions de grâce à nos prières, car nous devons toujours nous souvenir de la bonté de Dieu, remerciant Dieu à l’avance pour ce qu’Il n’a pas encore accordé, sachant avec certitude et confiance que sa bonté est sans pareil et qu’Il a en vue notre bonheur.

Nous avons tant de raisons de Lui dire merci !! Parce qu’Il entend nos prières, parce qu’Il se préoccupe de nous, parce qu’Il prend sur Lui nos soucis et nos peines, parce qu’Il nous aime et nous sauve ! Parce qu’Il trouve sa joie en nous !

Ce passage nous invite à faire de tout un sujet de prière, et à adresser librement nos requêtes à Dieu dans la paix qui surpasse toute intelligence. Lui ayant tout remis par la prière, nous nous confions dans Son amour et Sa sagesse à notre égard, et par conséquent, nous ne nous inquiétons de rien. Nous pouvons ne nous inquiéter de rien, parce que nous prions sur tous les sujets, et nous sommes reconnaissants à l’égard de tout.

«Ne vous inquiétez de rien». Cette parole apporte une grande consolation. Ce n’est pas que nous devions être insouciants ; mais souvent nous voulons porter nous-mêmes le fardeau, et ainsi nous accablons et torturons notre cœur. «Ne vous inquiétez de rien», c’est une grande bénédiction d’avoir un tel commandement. C’est une grâce incroyable de Dieu que de nous décharger de nos soucis, de nos fardeaux et de nos angoisses !

Que faire donc, quand une chose vient m’inquiéter ? Aller à Dieu, lui parler, ouvrir notre cœur. Alors, au milieu de toutes vos inquiétudes, vous pouvez rendre grâces. Je vais à Dieu avec tout ce qui pèse sur mon cœur, et je le trouve, Lui, parfaitement tranquille au sujet de tout. Dieu n’est pas inquiet face aux événements. Il connaît la fin de toutes choses depuis le commencement ; il sait tout, et le sait d’avance. Les événements n’ébranlent ni son trône, ni son cœur ; ils accomplissent toujours ses desseins. Tout est sûr et certain. Dieu sait parfaitement bien ce qu’il va faire et cela me suffit. Je place le fardeau à ses pieds, avec la parfaite assurance que Dieu s’intéresse à moi ; alors la paix dans laquelle il demeure lui-même garde mon cœur, et je peux rendre grâces. Oui, Dieu soit béni, Il s’intéresse à moi. Il est notre refuge en tout.

Nous réjouir dans le Seigneur, nous délivre entièrement du poids des choses présentes et du monde. C’est le secret du contentement, c’est là toute l’expérience de Paul, contre lequel du coup personne ne peut rien ! Car s’il vit, il est heureux de le faire pour Christ et de témoigner ; s’il meurt, il est heureux de rejoindre son Sauveur, et toutes les situations de sa vie sont vues sous cet angle de la joie en Christ !

C’est à cette même compréhension que nous amène le prophète Sophonie dans ce texte qui nous parle aussi de joies : notre joie et celle de Dieu.

Quelques traits de la bénédiction future nous sont présentés dans ce passage. Il nous est dit que d’un même esprit et d’un même langage, les nations de ce royaume, « le monde à venir », adoreront l’Éternel, le Dieu d’Israël. La confusion de Babel aura pris fin, chose dont on lit un exemple à la Pentecôte, en Actes 2. Les habitants des pays éloignés reconnaîtront le Dieu Sauveur d’Israël. Israël sera purifié et garanti à toujours de la crainte du mal, et aura le cœur plein de joie parce que l’Éternel, son Dieu, sera au milieu de lui.

Tels sont les jours du royaume. Les jugements ont purifié la scène ; le résidu les a traversés ; la terre est témoin du salut et de la gloire de Dieu et le nom de l’Éternel est reconnu dans la joie et le service de son peuple restauré.

Ceux qui menaient deuil en Sion ont changé en manteau de louanges leur esprit d’accablement. On n’entend plus les lamentations de Jérémie car la fille de Sion a été ramenée de captivité et toutes ses chaînes sont brisées ; celle qui avait été emmenée captive a reçu un nom et des louanges au-dessus de tous les peuples de la terre.

Voilà les choses qui nous sont présentées dans le troisième chapitre de notre prophète, et qui forment ainsi, en général, le thème de tous les prophètes dans l’anticipation du règne du Seigneur, précédé de son jour.

Cependant la gloire resplendit ici sous un caractère attrayant. Les délices que le Seigneur lui-même prend en son peuple nous sont rapportés dans un langage semblable au cantique des Cantiques, avec son enthousiasme et son affection : « L’Éternel, ton Dieu », est-il dit à Sion, « se réjouira avec joie à ton sujet : il se reposera dans son amour, il s’égayera en toi avec chant de triomphe » (3:17). C’est la joie qu’un époux a de son épouse comme l’avait dit Ésaïe longtemps avant Sophonie. « Tout comme la fiancé fait la joie de son fiancé, tu feras la joie de ton Dieu » (Ésaïe 62:5).

En lisant ces paroles prophétiques qui annoncent des temps messianiques encore à venir pour nous tous, j’essaye de me représenter la scène : Dieu/Jésus qui pousse des cris de joie à notre sujet… La plupart du temps je m’imagine que nous nous allons crier de joie au jour du Seigneur ; mais voilà que le prophète, qui veut faire comprendre l’amour que Dieu porte à son peuple, révèle que les cris de joie seront également du côté de Dieu à propos de sa fiancée. Alors ? Que comprendre de l’amour que Dieu nous porte et de l’attente que vit le Seigneur en ce moment même dans le désir qu’il a de nous avoir avec et pour Lui ?

Et nous ? Sommes-nous dans l’attente fébrile de sa venue ? Sommes-nous impatients et remplis d’une joie débordante à l’idée de LA rencontre ??!!

C’est la joie personnelle du Seigneur dans son peuple qui est anticipée par Sophonie — la plus brillante, la plus précieuse circonstance de toute son histoire. Elle peut nous faire souvenir d’un court passage de la nôtre propre en 1 Thess. 4:17 : « Et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur ».

Voilà tout ce que ce passage dit de nous, après notre enlèvement. On aurait pu parler en détail de la gloire et des joies variées de l’Église dans le ciel ; mais il n’est dit que ceci : « Et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur ». C’est aussi personnel que le passage de Sophonie  et rempli d’une grande affection. Nous serons toujours avec le Seigneur, quelle bénédiction ! Quelle paix, quelle assurance !

Nous nous reposons en espérance en attendant «le repos qui reste pour le peuple de Dieu» , mais ce repos nous appartient, nous allons y entrer en résurrection et en puissance, après l’avoir goûté, savouré d’avance avec la pleine certitude qu’il est à nous, car il est dit: «Nous entrons dans le repos.» La discipline de Dieu envers son peuple, les punitions qu’Il leur a infligé pour les rendre participants de sa sainteté, tout cela sera désormais passé pour toujours. «L’Éternel a éloigné tes jugements» ; «l’Ennemi d’Israël est écarté» ; l’Ennemi : non pas seulement les nations hostiles, mais l’Antichrist qui a conduit le peuple à sa ruine, et Satan lui-même, le grand Ennemi du peuple de Dieu. Tout cela fait place à la paix et à une joie immense ! La joie d’être avec Dieu, joie que nous éprouvons mais que Dieu éprouve aussi à notre sujet !

Comment pourrions-nous ne pas être remplis de joie et de paix en fait, en y réfléchissant bien ? Nous sommes aimés démesurément, infiniment ; nous sommes sauvés et restaurés, nous sommes renouvelés, nous avons une espérance que rien ni personne ne peut nous ôter !

Alors cessons un peu de courir avec le monde ambiant, d’être affolés et anxieux ! Arrêtons-nous et prenons conscience de notre position unique en Christ : celle d’être enfants de Dieu, fils et fille du Roi des rois, qui bientôt va revenir et nous prendra avec Lui.

Alors nous vivrons pour toujours dans la paix et la joie ! Loué soit Dieu notre Père, Jésus notre Sauveur et Seigneur et le Saint-Esprit notre Consolateur ! Amen.

  • Chant : JEM 360 « Une nouvelle création »