Prédication du 12 septembre 2021.

Message apporté par le pasteur Clémence Bury.

Alès
Jean 6 : 52-71
1. Le salut par la croix ou comment la mort de Christ me donne la vie
Quand le Seigneur Jésus dit au verset 51 : « Si quelqu’un mange de ce pain », et au verset 53 : « Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang », il parle d’un acte unique, achevé, il décrit la chose en elle-même. Les formes verbales employées en grec pour « manger » et « boire » le montrent clairement.
Comme nous l’avons vu dimanche dernier, il s’agit de l’identification fondamentale avec Christ et sa mort, à laquelle, dans la grâce de Dieu, est liée la vie éternelle. Par la foi, l’individu participe aux conséquences bénies de la mort expiatoire du Seigneur. Sans cela, il n’y a pas de vie éternelle.
Cet acte de foi intervient au début du chemin chrétien et porte un caractère unique. On ne peut se convertir qu’une seule fois. Au verset 54, le Seigneur ajoute encore un autre résultat : Il le ressusciterait au dernier jour.
Jésus nous invite donc à manger sa chair et à boire son sang : «Si vous ne mangez la chair du fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes» (Jean 6:53), vous êtes morts pour Dieu, vous n’avez pas la vie éternelle. Quelle est donc la portée de cette parole, qualifiée de dure (v. 60) ? Cette affirmation s’adresse aux inconvertis. La chrétienté fait régner cette erreur qu’il suffit d’avoir un Christ vivant pour être sauvé, un modèle qu’il faut suivre. On reconnaît que son amour est allé jusqu’à la mort, mais on exclut l’expiation. Et ce Jésus est celui qu’on prêche de plus en plus dans la chrétienté. Ce n’est pas là le Christ de Dieu (Luc 9:20). L’évangile de Dieu est essentiellement le fait que Jésus est mort sur la croix, non pas parce qu’il voulait montrer l’extrême limite de l’abnégation et de l’amour pour les autres, mais pour accomplir l’expiation. Sous la colère de Dieu, il «a porté nos péchés en son corps sur le bois» (1 Pierre 2:24). On n’a pas la vie éternelle sans le sang de Christ. Un homme qui ne mange pas la chair de Christ et ne boit pas son sang n’a pas la vie éternelle, bien qu’il puisse chercher à imiter Jésus, et le mettre au-dessus de tous les hommes. Manger la chair de Christ, boire son sang, c’est être mis au bénéfice, non pas de la vie, mais de la mort expiatoire de Jésus. Voilà ce qu’il faut prêcher : vous n’entrerez pas dans la présence de Dieu sans que vos péchés soient ôtés par le sacrifice de Christ. Vous pouvez être un très brave homme, extérieurement irréprochable, et être abominable aux yeux de Dieu.
La cène et Jean 6 se rapportent tous deux à la mort de Christ, mais ils ne sont pas identiques ; d’innombrables hommes auront pris la sainte cène sans avoir la vie éternelle pour autant. Prendre la sainte cène ne donne pas la vie éternelle. C’est l’Ennemi qui a attribué à la cène une vertu que le Seigneur ne lui a jamais donnée. Le Seigneur nous dit : «Vous vous mettrez à dire : Nous avons mangé et bu en ta présence… Et il dira : Je vous dis, je ne vous connais pas» (Luc 13:26-27). Il faut croire en un Christ mort et être lié à lui par la foi, pour avoir la vie éternelle.
Rappelons que:
1.      la Cène est prise en mémoire de notre Seigneur mort (Luc 22:19;1 Cor. 11:24-25)
2.      en participant au pain et à la coupe, on exprime la communion du sang et du corps du Seigneur (1 Cor. 10:16 ; cf « tous » en Matt. 26:27)
3.      par le fait de manger ensemble du seul pain, nous rendons visible l’unité du corps de Christ (1 Cor. 10:17)
4.      dans le monde qui a rejeté le Seigneur, nous annonçons la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’Il vienne (1 Cor. 11:29).
La Parole de Dieu ne contient absolument aucun argument étayant l’idée que participer à la Cène ferait participer au salut. La participation à la Cène est un acte pour honorer et glorifier notre Seigneur et Sauveur, non pas pour recevoir une nourriture.
Apporter au Seigneur et au Père notre adoration en esprit et en vérité, est un privilège grand et élevé, faisant contraste avec toutes les autres activités spirituelles. Que notre coeur soit attaché au Seigneur et que nous rappelions sa mort avec sérieux et avec des coeurs engagés pour lui, sans réserve !
2. Communion avec Christ, se nourrir continuellement de lui
Dans les versets 54 et 56, le Seigneur emploie une autre forme verbale qu’au verset précédent, qui exprime un processus de plus longue durée ou une action répétée :
« Le mangeant » et « le buvant » — voilà comment le Seigneur désigne le croyant individuel qui se nourrit continuellement ou de façon répétée de lui et de sa mort.
Nous apprenons ici quelque chose de très important : La vie éternelle ne peut pas être séparée de sa source. Nous ne l’avons pas indépendamment de Lui, mais la possédons seulement « dans son Fils » ; et « celui qui a le Fils a la vie » (1 Jean 5:11, 12).
« Parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez », a dit le Seigneur dans un autre passage (Jean 14:19). Aussi est-il nécessaire pour le croyant de toujours se nourrir du Seigneur. La vie éternelle que nous possédons doit être nourrie en permanence, et elle l’est par le souvenir vivant en nous de Son amour jusqu’à la mort et la joie que nous y trouvons. Pourrions-nous nous contenter de l’avoir fait une fois ? Et pourtant, nous avons souvent tout lieu d’éprouver une honte profonde à cet égard. Nous sommes si peu occupés, au cours de nos journées, de l’amour qu’Il a manifesté dans le don de sa vie ! Tant l’auteur de ces lignes que le lecteur ont bien des motifs de s’examiner à ce sujet, car une grande partie de la faiblesse et de l’indifférence parmi nous provient sans aucun doute du fait que cet amour occupe trop peu nos cœurs. Un bel exemple à suivre nous est donné par l’apôtre Paul. Il pouvait dire : « Ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2:20).
Les Israélites recueillaient la manne chaque jour, et nous aussi avons chaque jour à nous occuper de Christ mort pour nous, pour croître et prospérer spirituellement. Paul avait Christ pour contenu, modèle, but et force de sa vie. Il n’y a pas d’objet plus élevé et plus glorieux pour le cœur du croyant. Lui, le Fils de l’amour du Père, l’objet de Son plaisir, en qui habite toute la plénitude de Dieu, qui nous a aimés et s’est livré Lui-même pour nous ; qui est assis à la droite de Dieu dans la gloire, après être mort et ressuscité, et Il va revenir recueillir tous Ses rachetés — Lui est la vraie nourriture de nos âmes, « le véritable pain qui vient du ciel ». En nous nous nourrissant spirituellement de manière constante, nous demeurerons pratiquement en Lui, et Lui en nous — dans la dépendance et la confiance qu’Il a manifestées envers Son Père durant Sa vie sur la terre (6:56-57).
C’est le second résultat indiqué par le Seigneur : il s’agit ici de la communion. Par le fait de manger et de boire, nous devenons un avec lui et il devient un avec nous. C’est l’union avec le Seigneur Jésus dans la vie qu’il nous donne par grâce. « Demeurer » signifie aussi « habiter », et qui peut comprendre l’immensité d’une telle bénédiction ? La patrie de notre âme est en Christ et Christ voit en nous son habitation ! On parle bien ici de résidence principale, et pas de simple résidence secondaire !!
L’expression «demeurer», que nous trouvons répétée plusieurs fois dans l’évangile de Jean, revient constamment dans sa première épître. Elle nous parle de stabilité, de permanence, de sécurité, de paix, et correspond bien à l’enseignement du disciple que Jésus aimait.
Ici-bas tout passe. Les pensées, les sentiments, les joies, les choses qui peuvent paraître même les plus stables et les plus solides aux yeux du monde s’évanouissent bien vite. Seule la Parole de Dieu demeure et ne passera pas.
Il nous appartient ainsi, non seulement de dire que nous demeurons en Lui, mais de le réaliser, et c’est en cela que réside notre responsabilité, car demeurer en Lui, c’est marcher comme Lui a marché, dans une pleine et entière dépendance, et vivre une vie de sainteté pratique. Cela nous est impossible avec nos forces naturelles qui ne pourraient que nous éloigner de Lui. Il nous faut rester attachés à Lui et fixer les yeux sur notre modèle, modèle de justice et modèle d’amour.
Demeurer en Lui implique donc la dépendance et la sainteté pratique dans notre vie. Nous avons à manifester ces caractères. Mais, à l’exhortation qui nous est faite de demeurer en Lui, s’ajoute la promesse plusieurs fois répétée que Lui-même demeurera en nous.
Celui qui mange et boit ainsi a non seulement la vie mais il « habite » ou « demeure » aussi en Christ, et Christ en lui. De plus, il est placé dans la même relation avec Christ que celui-ci avec le Père (v. 57). Jésus était l’Envoyé du Père, et avait pour mission de le révéler ; toute sa vie était vécue à cause du Père, en tirant tout de lui. C’est précisément ainsi, vis-à-vis de Christ, que doit vivre celui qui se l’approprie habituellement par la foi. En vivant ainsi, il demeure en Christ et Christ en lui. On ne peut que s’écrier : quelle vie merveilleuse est ainsi offerte à tout croyant, et combien nous en faisons peu l’expérience ! C’est, en effet, en contraste avec la manne, le vrai pain descendu du ciel. Cette vie, à laquelle nous accédons en mangeant, demeure à toujours.
3. Une parole qui sépare, réaction des différents disciples
Malgré la promesse que Dieu leur avait faite, les fils d’Israël en découvrant la manne au désert s’étaient demandé l’un à l’autre: «Qu’est-ce que cela?» (Ex. 16 v. 15). La même incrédulité se montre chez leurs descendants. Ils disputent entre eux au sujet de l’étrange nourriture dont Jésus leur a parlé: sa chair et son sang; c’est-à-dire sa mort. Un Christ vivant ici-bas ne suffit pas à faire vivre notre âme. Il faut nous approprier sa mort pour avoir la vie éternelle. Ensuite nous avons chaque jour à nous identifier avec Lui dans sa mort. Nous sommes morts avec Lui quant au monde et au péché. L’homme naturel ne peut comprendre cela. Il veut bien d’un modèle, mais il lui est trop dur de reconnaître son propre état de condamnation dont lui parle la mort de Christ.
Nous voyons qu’on peut suivre Jésus, admirer ses paroles, être impressionné par ses miracles en contraste avec ceux qui s’opposaient à Christ, sans pour cela croire en lui avec une vraie foi, sans accepter la vérité qui seule permet de posséder la vie éternelle. On peut donc vouloir un Christ qui enseigne, qui nourrit les foules, fait des miracles, un homme modèle qu’on se propose d’imiter ; mais dès que son enseignement touche à l’état de l’homme, c’est une parole dure. C’est dur d’accepter que l’homme orgueilleux, dans son état naturel, ne soit bon que pour la mort. Ainsi il méprise la grâce ; il ne peut l’admettre telle que Dieu la présente, malgré toute sa profession de disciple de Christ, aujourd’hui comme alors. Il se retire (v. 66), car si, pour un moment, il a choisi Christ comme Maître, il ne veut rien de lui comme Sauveur.
Au lieu d’interroger le Seigneur, plusieurs qui avaient professé être de ses disciples s’en vont choqués par ses paroles. Il ne cherche pas à les retenir en «adoucissant» la vérité. Mais Il sonde le cœur de ceux qui restent: «Et vous, voulez-vous aussi vous en aller?». — «Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous?» est la belle réponse de Pierre. Puisse-t-elle être aussi la nôtre (v. 68, 69; lire Héb. 10 v. 38, 39)!
N’importe quel homme peut parler de science, de philosophie, et prononcer quelquefois des paroles de sagesse ; seul le Fils de Dieu a les paroles de la vie éternelle. Il n’y a donc pas d’alternative, pas de rival possible pour la foi de Pierre. Christ est seul et unique. Par la grâce de Dieu, il est certainement cela aussi pour nous. Pourtant, même parmi les douze apôtres, il n’est pas cela pour chacun ; le Seigneur saisit l’occasion pour montrer que le cœur de Judas est à nu devant ses yeux. Il ne l’a pas placé parmi les douze par quelque méprise sur son vrai caractère.
L’enseignement de ce chapitre est complété par le verset 63, où le Saint Esprit est introduit. Rien qui vient de la chair n’est utile dans tout cela : c’est l’Esprit qui donne la vie. Le Père est Celui qui donne le vrai pain de vie ; le Fils est ce pain et, comme Fils de l’Homme, il donne sa chair pour la vie du monde ; l’Esprit vivifie. Tout est de Dieu et rien ne vient de l’homme. L’état de mort de l’homme est bien montré dans ce chapitre, car les paroles du Seigneur, qui sont esprit et vie, ne sont pour eux qu’une occasion de chute.
La chair ne sert à rien pour comprendre les paroles de Dieu ; elles sont esprit et sont vie et ne peuvent se comprendre que par l’Esprit, dont l’opération produit la vie ; mais pour cela, il faut croire. Combien cela importe aujourd’hui, où l’on entend si souvent dire en parlant des vérités de la Parole : «Je n’admets pas». «Je ne vois pas». «C’est mon opinion». «C’est ma manière de voir», et ainsi de suite, au lieu de s’incliner devant la Parole de Dieu et de dire : «Je crois, je sais». Si le Seigneur nous accorde la grâce de le suivre avec certitude dans le chemin de l’obéissance, nous devons toujours nous méfier de nous-mêmes et regarder constamment à lui, afin d’être gardés par lui, sachant que nous sommes sans force, des objets de pure grâce. À lui seul nous devons d’être ce que nous sommes. Il nous gardera de le déshonorer si nous demeurons dans la confiance en son amour et en sa fidélité. Lisons l’Écriture. Sondons les Écritures ! Ce sont elles qui rendent témoignage de Christ. Plus on entre dans la vérité de sa mort avec Christ, plus la communion avec lui devient profonde, et, par suite, puissante en effets, dans notre vie et notre témoignage.
Que le Seigneur nous donne de lire, d’étudier, de méditer, toute l’Écriture, ce qu’il a dit et ce qu’il a fait. Que cette Parole habite en nous richement. Si elle n’habite pas en nous, autre chose y habitera…
Que Dieu nous donne de jouir sans défaillance de cette douce et précieuse communion avec Lui, pour que notre joie soit accomplie.
Que la gloire, l’amour, la reconnaissance, soient rendus à jamais à celui qui est venu ici-bas pour nous amener, avec lui-même, jusqu’à Dieu, son Père, notre Dieu et notre Père. Amen.