Prédication du 30 mai 2021.

Prédication de notre Pasteur Clémence Bury.

Deutéronome 4 : 32-40 30 mai 2021
*Prière
« Et maintenant, Israël, écoute les statuts et les ordonnances que je vous enseigne, pour les pratiquer : afin que vous viviez, et que vous entriez dans le pays que l’Éternel, le Dieu de vos pères, vous donne, et que vous le possédiez » (chap. 4:1).
Ici nous est présenté d’une manière très frappante le caractère particulier de tout le livre du Deutéronome. « Écoute », et « pratique », afin que vous « viviez » et que vous « possédiez ». — Ceci est un principe général et qui demeure. C’était vrai pour Israël, et cela est vrai pour nous. Le sentier de la vie et le secret du bonheur sont la simple obéissance aux commandements de Dieu. C’est ce que nous voyons à chaque page de la Bible. Dieu ne nous a pas donné sa Parole pour l’examiner ou la discuter, mais afin que nous y obéissions. Il faut que, par l’effet de la grâce, nos cœurs soient soumis avec joie à la volonté de notre Père céleste, pour que nous puissions marcher dans le sentier de la vie, et jouir réellement de toutes les richesses que nous possédons en Christ. « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime, sera aimé de mon Père ; et moi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui » dit Jésus (Jean 14:21).
Quel privilège ! Chaque croyant n’en jouit pas, mais ceux-là seuls qui, soumis de cœur à notre Seigneur Jésus Christ, gardent ses commandements. Être enfant ou enfant obéissant sont deux choses ; comme aussi être racheté, ou aimer le Sauveur et prendre plaisir à garder ses paroles.
Soyons assurés de ceci, que l’obéissance est agréable à Dieu, et « ses commandements ne sont pas pénibles », puisqu’ils sont la précieuse expression de son amour, le résultat de la relation dans laquelle nous sommes avec Lui. En outre, Dieu, dans sa grâce infinie, répond à notre obéissance en se manifestant plus pleinement à nos âmes, et en demeurant avec nous.
* Lecture
Dans ce texte, il est tout d’abord question de s’informer des jours passés, ce qui implique la lecture de l’Ecriture depuis le livre de la Genèse ainsi que la transmission d’une génération à l’autre des oeuvres de Dieu. L’événement qui nous intéresse ici et qui devrait nous émerveiller chaque jour de notre vie, c’est que le grand Dieu Créateur se révèle à un peuple et lui parle ; Il se choisit un peuple à part parmi les nations et le conduit ! Ce peuple choisi a donc reçu la lumière, ce qui n’est pas sans nous rappeler le début de l’évangile selon Jean (Cf. Jean1), il a reçu la connaissance et la révélation de ce Dieu unique, ce qui deviendra la confession de foi d’Israël (Shema). Dieu lui a parlé pour l’instruire, l’édifier, le purifier/sanctifier (feu “soyez saints…” Lév. 19). Ce Dieu l’a aimé, choisi (élection), délivré puis lui a donné un héritage (terre promise/Jérusalem céleste).
La conséquence de toutes ces actions de Dieu envers l’homme, c’est qu’il reconnaisse que l’Eternel est Dieu (Foi) et qu’il n’y en a pas d’autre (contraire de l’idolâtrie, péché récurrent d’Israël… et de nous ?) ; et qu’il observe (Obéissance) ses prescriptions et commandements.
On pourrait se demander pourquoi Dieu demande-t-il la foi et l’obéissance à l’homme? La réponse est d’une simplicité déconcertante : Pour qu’il soit heureux (v. 40) ! Pour son bonheur et celui de ses descendants après lui (Cf. Ps. 33 “Heureux le peuple dont l’Eternel est le Dieu”).
Voilà, en résumé, les 7 points abordés dans cette portion de l’Ecriture !
Il est important de bien comprendre que lorsque notre Seigneur Jésus dans l’évangile de Jean parle de garder ses commandements, ses paroles et ses préceptes, il n’entend pas les dix commandements ou la loi de Moïse. Sans doute, ces dix commandements font partie du canon des Écritures, de la Parole inspirée de Dieu ; mais, confondre la loi de Moïse avec les commandements de Christ, serait tout renverser et confondre le judaïsme avec la chrétienté, la loi avec la grâce.
L’enseignement du Nouveau Testament tout entier, tend à établir indubitablement que le chrétien n’est pas sous la loi ; qu’il n’est pas du monde, ni dans la chair ou dans ses péchés. Le solide fondement de tout ceci est la rédemption accomplie que nous possédons dans le Christ Jésus, en vertu de laquelle nous sommes scellés du Saint Esprit et, ainsi, inséparablement unis et identifiés à un Christ ressuscité et glorifié.
Le Saint Esprit déclare de la manière la plus simple et la plus emphatique, que les chrétiens ne sont pas sous la loi. Si nous étions sous la loi, le péché dominerait sur nous.
Par la mort de Christ, nous sommes sortis de la sphère à laquelle la loi s’appliquait. Christ a pris notre place ; il a été placé sous la loi ; et, sur la croix, il a été fait péché pour nous. Mais il est mort pour nous, et nous sommes morts en Lui ; il nous a sortis de la position dans laquelle nous étions assujettis au péché, et sous la loi, pour nous introduire dans une position entièrement nouvelle, dans une alliance et une union vivante avec lui-même ressuscité ; en sorte que nous pouvons dire : « Comme il est, lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde » (1 Jean 4:17).
Il est donc nécessaire de placer sur sa vraie base pour le chrétien la doctrine présentée au premier verset de ce chapitre : si Israël était appelé « à écouter » et « à pratiquer », combien plus nous, qui sommes si richement « bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ » (Éph. 1:3). Nous sommes appelés à l’obéissance de Jésus Christ (1 Pierre 1:2), à la même obéissance que celle qui a caractérisé la vie de notre bien-aimé Seigneur. Nous devons marcher sur les traces de Jésus : « Celui qui dit demeurer en lui, doit lui-même aussi marcher comme lui a marché » (1 Jean 2:6). En considérant cette marche, nous trouvons un fait qui se lie d’une manière remarquable au livre du Deutéronome : c’est la place que Jésus a donnée constamment à la Parole de Dieu. Ce fait tient une place capitale dans tout le livre que nous étudions et le distingue des trois livres précédents. La Parole de Dieu y est partout signalée comme seule règle, seul modèle et seule autorité pour l’homme ; elle s’y applique à ses besoins, en toute position, en toute sphère d’activité, et à chaque phase de son histoire morale et spirituelle. Cette parole lui dit ce qu’il devrait faire, et ce qu’il ne doit pas faire ; elle lui donne des directions pour chaque difficulté, s’occupant même des moindres détails.
Certains passages de ce chapitre 4 du Deutéronome font ressortir d’une manière remarquable la valeur, l’importance et l’autorité de la Parole de Dieu. Nous y voyons, comme dans ce livre tout entier, — qu’il n’est pas tant question d’ordonnances particulières, de rites ou de cérémonies, que du poids et de la dignité de la Parole de Dieu elle-même, quoi que ce soit que cette Parole place devant nous.
« Regarde, je vous ai enseigné les statuts et les ordonnances, comme l’Éternel, mon Dieu, me l’a commandé, afin que vous fassiez ainsi au milieu du pays où vous allez entrer pour le posséder ». Leur conduite devait se régler en toutes choses d’après les commandements divins. Principe d’une immense portée pour eux, pour nous, et pour tous. « Et vous les garderez et les pratiquerez ; car ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples qui entendront tous ces statuts et diront : Quel peuple sage et intelligent que cette grande nation ! » (vers. 5-6).
Leur sagesse et leur intelligence devaient consister à garder et à pratiquer les statuts et les ordonnances divines. Ce n’était pas par des discussions savantes ou des arguments qu’elles devaient se montrer, mais par l’obéissance. Toute la sagesse était renfermée dans ces statuts à leur sujet, non pas dans leurs pensées et leurs raisonnements. La sagesse merveilleuse de Dieu ressortait de sa Parole, et était ce que les nations devaient voir et admirer dans la conduite de son peuple. Il en va toujours de même pour nous aujourd’hui !
Tout en montrant les vrais effets de l’obéissance, Moïse avertit le peuple du danger de se détourner des saints commandements de Dieu : « Quelle est, dit-il, la grande nation, qui ait Dieu près d’elle, comme l’Éternel, notre Dieu, est près de nous dans tout ce pour quoi nous l’invoquons ? Et quelle est la grande nation qui ait des statuts et des ordonnances justes, comme toute cette loi que je mets aujourd’hui devant vous ? » (vers. 7-8). C’est la vraie grandeur morale, s’appliquant à tous les âges et en tous lieux à une nation, à un peuple, à la famille, à l’individu. Avoir le Dieu vivant près de soi, avec le précieux privilège de pouvoir l’invoquer en toutes choses, sachant que sa puissance et sa grâce s’exercent sans cesse en notre faveur ; avoir la lumière de sa face brillant avec son approbation sur nous et sur nos voies ; constater quotidiennement l’effet moral de ses commandements parfaits dans notre vie pratique ; avoir la manifestation de Lui-même, et sa demeure en nous par l’Esprit ; quel langage humain est capable de démontrer, même en quelque mesure, la bénédiction de tels privilèges ? Et cependant, ils sont placés à la portée de tout enfant de Dieu sur la terre, du moins ceux qui, par grâce, sont rendus capables d’obéir à la Parole divine. Il était vrai pour Israël, il est vrai pour l’Église et pour tout croyant, que la faveur divine est la récompense inestimable de l’obéissance.
Ces paroles placent devant nous deux choses d’une très grande importance, la responsabilité individuelle et le témoignage personnel, avec celui de la famille. Le peuple de Dieu était responsable de garder son cœur, de peur qu’il ne laisse échapper la précieuse Parole de Dieu ; et, de plus, ils étaient responsables d’instruire leurs enfants et leurs petits-enfants. Et nous, avec toute la lumière et les privilèges que nous possédons, serions-nous moins responsables qu’Israël ? Nous sommes impérieusement appelés à étudier avec soin la Parole de Dieu, à y appliquer nos cœurs. Il ne suffit pas de lire à la hâte chaque jour quelques versets ou un chapitre entier, comme par une espèce de routine religieuse, mais nous devons faire de la Bible une étude sérieuse et approfondie, pour y trouver notre plaisir et notre édification.
La Parole de Dieu a-t-elle une telle place dans nos cœurs, nos maisons et nos habitudes ? Quiconque entre chez nous, ou se trouve en contact avec nous dans la vie journalière, peut-il voir la Parole de Dieu mise ainsi au premier plan ? Ceux avec lesquels nous avons affaire voient-ils que nous sommes guidés par les préceptes des Saintes Écritures ? Nos enfants voient-ils que nous vivons dans l’atmosphère même de l’Écriture, et que notre caractère et notre conduite sont gouvernés par elle ?
C’est une vraie folie de parler de notre amour pour Christ, si nous n’aimons pas sa Parole et n’en vivons pas ; c’est une illusion de s’imaginer être dans un état prospère, lorsque la lecture de la Bible est négligée, en particulier ou en famille. Si la Parole a sa vraie place dans le cœur, elle l’aura aussi dans la maison.
Ces paroles nous montrent le cas que Dieu fait de la vie de foi dans la famille. Sous toutes les dispensations, Dieu a donné son approbation à une éducation fidèle des enfants de son peuple, selon sa Parole.
Il est vrai que nous ne pouvons faire des chrétiens de nos enfants, et que nous ne devons pas en faire des formalistes. Mais nous ne sommes pas appelés à faire d’eux quelque chose ; nous avons simplement à remplir nos devoirs envers eux et à en laisser les résultats à Dieu.
Quel privilège et quel réconfort ! C’est bien ce dont nous sommes témoins aujourd’hui, nous qui nous réjouissons avec le Père de voir Alice demander le baptême et Améline confesser sa foi !
Dieu est fidèle ; ce qu’Il promet, Il l’accomplit ! A elles maintenant, soutenues et encouragées par nous tous, de placer la Parole de Dieu en position d’autorité dans leurs vie et à faire de sa méditation une habitude de vie !
Considérons maintenant l’appel par lequel Moïse résume son discours dans notre chapitre et qui nous concerne tous : « Sache donc aujourd’hui, et médite en ton cœur, que l’Éternel est Dieu dans les cieux en haut, et sur la terre en bas : il n’y en a point d’autre. Et garde ses statuts et ses commandements que je te commande aujourd’hui, afin que tu prospères, toi et tes fils après toi, et que tu prolonges tes jours sur la terre que l’Éternel, ton Dieu, te donne, pour toujours » (vers. 39-40).
L’homme ayant reçu la révélation et la connaissance de qui est Dieu, ne peut y répondre que par la foi et l’obéissance. Comment aurions-nous pu prétendre connaître Dieu s’Il ne s’était révélé lui-même en Jésus-Christ, par amour pour nous ? N’avons-nous pas le désir de suivre un tel Sauveur, en confessant son nom et en obéissant à ses commandements ; puisque l’orignie de son appel réside dans le fait qu’Il nous aime et que son dessein est de nous rendre heureux ? !
Celui qui avait retirés Israël du pays d’Égypte à main forte et à bras étendu ; qui avait fait trembler ce pays par sa justice ; celui qui avait fendu les eaux pour leur frayer un passage à travers la mer ; qui leur avait envoyé du pain du ciel, et leur avait fait sortir de l’eau du rocher, — le tout, pour la gloire de son saint Nom, et parce qu’il aimait leurs pères, — avait sûrement droit à leur entière obéissance.
De même notre obéissance est fondée sur le caractère révélé de Dieu, et sur ses voies merveilleuses à notre égard.
Si les fils d’Israël étaient moralement tenus d’obéir, combien plus le sommes-nous ! Si leurs motifs et leur objet étaient puissants, combien plus le sont les nôtres ! En sentons-nous la puissance ? Les droits de Christ sur nous sont-ils le sujet de nos méditations ? Nous rappelons-nous que nous ne sommes plus à nous-mêmes, mais rachetés au prix infiniment précieux du sang de Christ ? Cherchons-nous à vivre pour Lui ? Sa gloire est-elle notre objet, son amour, notre mobile ? Ou bien, vivons-nous pour nous-mêmes ? Cherchons-nous nos aises dans le monde qui a crucifié notre Seigneur et Sauveur ? Cherchons-nous à amasser de l’argent ? L’aimons-nous soit pour lui-même, soit pour ce qu’il peut nous procurer ? Sommes-nous à la recherche d’une position dans ce monde, pour nous-mêmes, ou pour nos enfants ? Sondons notre cœur en toute honnêteté, à la lumière de sa présence, et recherchons quel est l’objet qui gouverne notre cœur.
La vraie raison de notre amour pour Dieu devrait être, comme l’écrit Jean, que Lui nous a aimés le premier, et qu’Il l’a prouvé en envoyant son Fils unique mourir sur une croix à notre place, afin de prendre sur lui la condamnation que méritait notre péché. En le ressuscitant des morts, Il a manifesté notre justification et nous a offert la vie éternelle en Sa présence.
A travers toute l’Ecriture, nous voyons que l’Esprit de Dieu prend plaisir à tracer les limites du peuple, et à citer les plus petits détails concernant son histoire. Il prend un vif intérêt à tout ce qui les concerne, à leurs luttes, à leurs victoires, à leurs possessions, à leurs frontières, et tout cela avec une grâce et une compassion touchantes, qui remplissent le cœur d’admiration. L’homme, dans son orgueilleuse suffisance, trouve indigne de lui d’entrer dans des détails minutieux ; mais notre Dieu compte les cheveux de nos têtes ; recueille nos larmes dans ses vaisseaux ; prend connaissance de tous nos besoins. Il n’y a rien de trop petit pour son amour, comme aussi rien de trop grand pour sa puissance. Il concentre ses soins d’amour sur chacun de ses enfants ; et il n’y a aucune des moindres circonstances de notre histoire particulière à laquelle il ne prenne intérêt. Il est présent avec nous aujourd’hui et Il se réjouit !
Souvenons-nous de ceci pour être fortifiés, et apprenons à mieux nous confier en Lui, et à recevoir avec une foi simple, les soins paternels de son amour. Il nous dit de Lui remettre tous nos soucis, car il prend soin de nous. Il voudrait que nos cœurs soient aussi libres de soucis, que notre conscience de culpabilité. « Ne vous inquiétez de rien ; mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces ; et la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus » (Phil. 4:6, 7).
Approprions-nous toutes ces choses. Cherchons à vivre plus près de Dieu dans notre vie quotidienne ; appuyons-nous sur Lui. Profitons davantage de sa grâce. Allons constamment à Lui, et confions à Lui seul tous nos besoins : « Mon Dieu suppléera à tous vos besoins, selon ses richesses en gloire, par le Christ Jésus » (Phil. 4:19). Le trésor inépuisable de la grâce de Dieu nous est offert avec tout l’amour dont son cœur est rempli. Allez-y puiser, en toute simplicité de foi.
Je termine en citant rapidement les 7 points de ce texte qui servent de support à notre édification, à la fois personnelle mais aussi en tant que peupe, famille de Dieu :
1. S’informer (importance de la transmission)
2. Ce que Dieu fait : Il se révèle, parle, choisit, conduit
3. Dans que but il le fait : Il le fait pour instruire, édifier, sanctifier
4. A cause de quoi/pourquoi il le fait : Il le fait à cause de qui Il est ! car Il est amour, tout-puissant, souverain…
5. Ce que le peuple reçoit : Il reçoit la connaissance, la révélation, la lumière
6. Comment il doit répondre : Il doit répondre par la foi (reconnaître) et l’obéissance (observer)
7. Pourquoi? Dans quel but? : Afin d’être heureux, lui et sa famille !
Que chacun de nous puisse dire et vivre ces paroles de Josué : “Moi et ma maison, nous servirons l’Eternel !” Amen.