Prédication du 7 mars 2021.

Prédication apportée par notre pasteur Clémence Bury.

07 mars 21 – 1 Co. 1, 18-25

Alès 1 Co. 1 : 18-25 07/03/21

*Prière

*Lecture

« Tu as fait une folie » ! :

C’est parfois la remarque faite par celui qui reçoit un cadeau qui dépasse ses attentes (cf. pub bidon d’essence pendant pénurie !). Paul nous rappelle que Dieu lui aussi a fait pour nous une folie, un don qui dépasse toutes nos attentes lorsque Jésus est mort sur la croix, renonçant à toute forme de pouvoir ou de puissance. Cette démarche de Dieu, l’homme ne peut ni l’imaginer ni la comprendre, mais c’est elle qui nous révèle le Père dans la plénitude de sa grâce. Une grâce qui peut paraître scandaleuse et choquante à un esprit de justice ; absurde et inefficace à ceux qui sont dans la souffrance ou le désespoir, mais que nous ne pouvons que recevoir comme un cadeau immérité qui nous ouvre les portes d’une vie différente.

Nous n’avons pas les mêmes valeurs !

Ce slogan stupide dans les pubs peut devenir l’expression de l’opposition radicale entre l’évangile de Jésus-Christ et les fonctionnements « raisonnables » des morales humaines : Un Sauveur qui meurt sur la croix, qui invite à se donner plutôt qu’à prendre, à pardonner plutôt qu’à défendre ses droits, qui invite à aimer ses ennemis, etc.… cela défie tous les bons sens, toutes les « valeurs » (aussi financières) proclamées ou défendues dans les sociétés et les organisations humaines, y compris religieuses et même dites « chrétiennes ».

Mais même si cela nous dépasse – et nous embarrasse, même si notre bon sens se révolte, il nous faut entendre et réentendre que notre foi en Jésus-Christ repose sur cette folie qu’est la croix.

Et admettre que, invités ainsi à le suivre sur le chemin de la Vie, nous sommes « en train d’être sauvés » mais qu’il y a encore un bout de route à faire … tant que nous opposons nos conduites « raisonnables » et « sages » au renoncement à nous-mêmes, pour entrer pleinement dans la vie divine, qui offre son Fils parfait par amour pour nous qui sommes pécheurs.

Tout comme les juifs et les non-juifs de l’époque, la croix est d’abord un obstacle à notre foi. La raison en est simple : si Dieu veut effectivement nous sauver, il faudrait qu’il s’y prenne autrement ! Cela semble logique et évident. Quelle idée de passer par la souffrance, le supplice et la mort quand on veut sauver les hommes !

Où est passée la grandeur de Dieu ? Où sont les prodiges, les miracles qu’on attend de sa part ? Où est passée la justice de Dieu ? Que ce soit le méchant qui meure et l’injuste qui soit puni, voilà qui nous semble normal, alors que sur la croix, c’est le contraire qui se passe !

Il serait facile de prolonger de telles affirmations et lamentations, mais le Christ ressuscité ne nous a pas réunis pour cela, bien plutôt pour que nous entendions Paul nous dire : oui, le message de la croix est une folie pour ceux qui perdent leur vie loin de Dieu.

Mais pour ceux que Dieu sauve, c’est-à-dire pour nous, il est puissance de Dieu.

Le message de Paul, comme tout le témoignage biblique, c’est que Dieu ne laisse pas tomber les hommes, que seuls son amour et sa fidélité immérités le motivent pour nous appeler et nous conduire, pour nous offrir un avenir de vie. Nous ne sommes donc pas sauvés parce que nous comprenons ce que Dieu a fait pour nous. Nous ne devons pas notre salut à une bonne théologie, à un discours intelligent et plein de sagesse. Ne nous laissons pas aller à dire ce que Dieu doit faire et ce dont nous ne l’estimons pas capable. S’il nous a sauvés, c’est uniquement parce qu’il a bien voulu de nous, qu’il lui plait de nous appeler et de nous fréquenter.

Si maintenant nous désirons nous situer dans ce processus de salut, le premier « je », le premier « moi » serait : moi, je le laisse faire. Je lui donne raison ; je ne fais pas la moue, je m’ouvre tout simplement à son acte d’amour et de salut. Je ne cherche pas d’abord à comprendre, à justifier son acte, à contrôler et apprécier la façon dont Dieu s’y est pris. Je le laisse donc faire, sans passer sa méthode au crible de ma sagesse et de mon intelligence. Cela d’autant plus qu’il a dit ce que Paul rapporte : « je détruirai la sagesse des sages et anéantirai l’intelligence des intelligents ». Cela non pas pour nous humilier, mais pour nous extraire de la prison de l’orgueil.

Notre sagesse ? Notre intelligence ? Soyons sérieux et critiques : avons-nous jamais réussi à faire régner la paix sur terre, grâce à notre sagesse ? Et l’activité de ces hommes intelligents n’a-t-elle pas abouti à nos catastrophes écologiques et financières ? Alors, de grâce, un peu de retenue et d’humilité nous ferait le plus grand bien. Nous sommes disqualifiés, lorsqu’il s’agit d’apprécier ou de juger l’action de Dieu. Qui sommes-nous pour dire : ça, je l’accepte, mais là, la Bible va trop loin ? De quel droit et en quelle qualité puis-je dire au Seigneur : tu vois, Seigneur, avec cette histoire de la croix, tu vas trop loin, ça ne passe pas, il faut trouver autre chose !

Qu’il nous suffise donc de savoir : Dieu a voulu nous sauver grâce à la croix du Christ.

Merci Seigneur !

À nous de nous laisser saisir par l’Esprit Saint, de reconnaître la grandeur du Christ dans sa faiblesse, la sagesse de Dieu dans sa démarche de salut, et de dire Amen, je te fais confiance. La prédication de la croix s’adresse à chacun de nous. Saisissons cette main tendue de Dieu, donnons-lui raison quand il nous sauve et nous aime, et chantons-lui notre reconnaissance.

Pour « nous qui obtenons le salut », la parole de la croix est la puissance de Dieu. Mais pour ceux qui n’ont pas la vie divine, elle n’est que folie. Tout ce que signifie la croix : la mort d’un juste exigée par la justice de Dieu, le pardon gratuit pour des pécheurs, la mise de côté de l’homme naturel, autant de vérités qui heurtent la raison humaine. Qu’on présente au contraire des miracles et des œuvres spectaculaires, un noble idéal accompagné d’une morale qui réclame des efforts… à la bonne heure, voilà le genre de religion qui ne choque personne! Eh bien, tous les sages, scribes, disputeurs, bref les esprits forts de ce siècle… et de tous les siècles, le v. 18 les range sous une commune et effrayante désignation: « ceux qui périssent ».

C’est un fait que parmi les rachetés du Seigneur il y a peu de sages, de puissants, de nobles… (v. 26) en tous cas selon les critères de la société ! Car il est plus difficile à ceux-ci de devenir « comme de petits enfants » (Matt. 18 v. 3; 11 v. 25). Pour se glorifier Dieu choisit ce qui est faible, vil, méprisé, et tels sont les chrétiens selon l’estime du monde. Mais qu’importe leur valeur propre puisqu’ils sont en Christ et que Lui est pour leur compte : puissance,… sagesse… et justice, et sainteté, et rédemption (v. 24, 30).

Le monde a sa propre sagesse. Lorsque le Fils de Dieu est venu sur la terre, le monde l’a examiné et évalué selon ses standards de sagesse ; il l’a même accusé d’agir par la puissance du prince des démons et l’a crucifié. La sagesse du monde n’a nullement rendu les hommes capables de reconnaître Dieu ; au contraire, lorsqu’ils l’ont vu en Christ, ils ont pris celui-ci pour le messager du diable. Si c’est là le fruit le plus mûr de la sagesse du monde, alors elle est manifestement sans valeur dans les choses de Dieu. C’est pourquoi Dieu l’a condamnée. Et il en est ainsi, que nous considérions les Juifs ou les Gentils.

Aussi bien les Juifs que les Grecs avaient leurs formes de pensée particulières. Les premiers demandaient des signes ; c’était le résultat des fréquentes interventions miraculeuses de Dieu au cours de leur histoire. Qui plus est, les signes devaient-ils être d’une certaine importance pour les satisfaire. Les seconds n’admiraient que l’intellect humain et n’acceptaient rien qui ne soit en accord avec leurs notions philosophiques. Pour les uns et les autres, le Christ crucifié était une pierre d’achoppement. Les Juifs attendaient bien le Christ ; mais, selon leurs espérances, ce devait être un personnage extraordinaire, dont l’éclat fasse sensation. Les Grecs auraient souhaité la bienvenue à un nouveau philosophe qui aurait pu porter leurs spéculations à un niveau ignoré jusque-là. Mais Juifs et Grecs se sentaient outragés par la prédication d’un Christ crucifié. Un tel Christ était une occasion de chute inévitable pour les Juifs, et il apparaissait absolument insignifiant aux Grecs. En fait, il n’existe aucun autre Christ que celui qui a été crucifié. Sommes-nous de ceux qui recherchons autre chose ?

Par grâce, nous ne désirons pas un autre Christ. Et ainsi, nous sommes de ceux qui obtiennent le salut. Nous sommes « appelés » de Dieu, que notre origine soit juive ou païenne, et nous pouvons discerner que Christ est réellement la puissance et la sagesse de Dieu. Dans une sagesse parfaite et avec une puissance invincible, il mettra à néant tous les brillants concepts que l’homme a élaborés, et il établira ce que Dieu s’est proposé. En même temps, sa sagesse et sa puissance sont intervenus en vue de notre salut. D’un point de vue humain, la croix peut paraître la folie et la faiblesse de Dieu, mais en réalité elle est tout à la fois plus sage et plus forte que les hommes.

La nécessité de prêcher la croix à la manière de Paul n’est pas moindre aujourd’hui qu’au premier siècle. Elle est probablement plus grande encore, parce que jamais plus qu’aujourd’hui on n’a exalté la grandeur, la gloire et la sagesse de l’homme. Jamais les hommes, même parfois ceux qui professent être chrétiens, ne se sont autant complu dans leurs capacités. Et jamais leur manque de vraie sagesse n’a été aussi manifeste. La croix met toute chose à sa vraie place. Elle fait que le Christ qui y a été crucifié est tout, et que l’homme qui l’a placé là n’est rien. Et c’est juste.

Avons-nous compris et assimilé la signification de la croix ? Des millions de personnes, dans la chrétienté, en ont fait un symbole élégant que l’on place sur des édifices religieux, ou même un pendentif d’or que l’on porte sur sa poitrine. Qu’il nous soit accordé d’avoir cette croix gravée sur « les tables de chair » de nos cœurs (cf. 2 Cor. 3:3), de sorte que nous puissions tout voir à travers elle, en détournant nos regards de la gloire clinquante de l’homme, et en recherchant toujours et uniquement la gloire de Christ ! Que nous soyons gardés de mettre l’homme en avant — même le meilleur d’entre eux — et par-dessus tout de nous mettre nous-mêmes en avant ! Que Christ soit pour nous le premier et le dernier, celui qui est tout, toujours et partout ! Il est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu.

La croix est encore la sagesse de Dieu, parce qu’elle seule concilie les contradictions profondes qui existent dans les rapports de l’homme avec Dieu et dans l’homme lui-même, elle seule est la clef des mystères du péché et de la vie humaine en général.

Paul est parfaitement conscient de l’impossibilité pour les sages gréco-romains comme pour les docteurs de la loi juifs d’accepter l’idée d’un messie mourant sur une croix. Un sauveur se doit d’être puissant, capable de débarrasser l’humanité – ou au moins les justes parmi les humains – de tout ce qui les oppresse, les enferme. Il ne peut pas être une victime écrasée et rejetée, humiliée jusqu’à la mort. Le Christ que proclame l’apôtre est un Dieu qui se dépossède de sa toute puissance, et qui invite ceux qui croient en lui à le suivre dans sa démarche d’amour absolu. Ce Dieu-là est contraire à toute théologie humaine parce qu’il n’invite ni ne contribue à aucune réussite humaine. Aussi la croix ne peut-elle être prêchée sans la résurrection (voir I Cor 15/19 !). Mais la résurrection est un aboutissement qui passe par la croix, cette folie de l’amour de Dieu qui se livre pour sauver ses créatures… Que Paul renvoie ainsi au scandale de la croix pour calmer,pour combattre les divisions de l’église n’est pas un hasard. Ces divisions ne sont-elles pas toute issues d’une volonté de saisir par l’intelligence ou de rendre « acceptable » la personne et l’enseignement du Christ, d’une forme d’orgueil humain qui prétend décider de ce que Dieu doit faire, et comment il doit faire grâce.

La croix du Christ signifie beaucoup plus que le moyen de pardon pour le pécheur. La traiter seulement comme le grand remède pour les besoins de l’homme, si vrai que ce soit, c’est la dépouiller d’une immense partie de son importance, et c’est obscurcir la vérité, et mettre dehors la gloire de Dieu. Car, dans ce fait le plus prodigieux de tous, qu’est-ce qui n’a pas été traité ? La haine de Dieu pour le péché et Son jugement du péché ; Son amour stupéfiant pour le pécheur ; la grâce infinie, l’humiliation et les souffrances du Sauveur ; l’effronterie et les manœuvres habiles de Satan ; l’abominable méchanceté de l’homme placé dans les meilleures conditions possibles, malgré les plus grands bienfaits reçus, et sans n’avoir aucun motif valable pour se justifier ou s’excuser : c’est à tout cela qu’il a été répondu à la croix, comme nulle part ailleurs. On y trouve les prétentions de l’homme terrassées, le péché condamné et ôté ; Satan défait et vaincu ; le jugement porté ; et Dieu glorifié en Christ qui n’a pas connu le péché, mais qui a été fait péché pour nous afin que nous devenions justice de Dieu en Lui (2 Cor. 5:21). C’est là seulement en effet, que les attributs divins et les voies divines ont été désormais conciliés pour toujours en faveur de ceux qui croient, alors que notre péché semblait les avoir mis de côté ou mis en désaccord ; c’est à la croix seulement qu’une base solide a été posée pour que la création ruinée soit faite nouvelle, pour que le peuple de Dieu soit fait un peuple nouveau, et pour que l’un et l’autre brillent durant l’éternité à la gloire de Dieu. Pourtant, tout cela risquait d’être rendu vain par cette sagesse de parole que certains dans l’assemblée de Corinthe affectaient par ignorance, blâmant Paul parce qu’il était étranger à cette sagesse. Le risque de rendre la croix vaine est toujours présent, dès lors que nous édulcorons l’Evangile, que nous modérons notre conception du péché, que nous faisons des compromis avec la vision du monde.

Les hommes méprisent naturellement la croix, et ils ne croient pas que leurs péchés méritent le jugement divin, ni qu’Il a porté en grâce ce jugement sur la croix. Ils ne sentent pas la profondeur de leur besoin, et ils s’occupent donc d’autres objets de moindre importance. Le monde a des pré-occupations, ou se tourne vers d’autres sujets d’intérêt : « puisque les Juifs demandent des signes et que les Grecs recherchent la sagesse ». Dieu a accordé des signes visibles quand Il a envoyé le Seigneur Jésus à la terre d’Israël. Jamais, depuis le commencement du monde, il n’y avait eu une pareille nuée de témoins de la sorte ; mais qu’est-ce qui peut satisfaire le cœur là où tout est étranger à Dieu ? Les Juifs méconnurent tout ce qu’Il donnait, et demandèrent un signe comme s’il n’y en avait pas eu. Les Grecs n’attendaient rien de Dieu, mais comme l’objet de leur recherche était la sagesse, ils n’en apprirent jamais la première leçon qui a trait à la crainte de l’Éternel, comme Samuel nous l’a rappelé dimanche dernier avec le livre des Proverbes.

Cette obstination et cette légèreté de l’incrédulité ne décourageaient pas l’apôtre, mais plutôt le stimulaient dans l’œuvre qui lui tenait à cœur. « Mais nous, nous prêchons Christ crucifié, aux Juifs occasion de chute, aux nations folie » (1:23). Ici il ne s’agit pas simplement du sang versé qui fait expiation, et dire « crucifié » va plus loin que simplement « mort » ; car même si ces deux termes expriment la fin de l’homme dans la chair, il y a dans la croix l’extrême, au-delà de tout, de la honte et de la faiblesse. Que Dieu sauve alors en vertu de la croix, là où le monde voyait le pire de la souffrance humaine et de l’humiliation, c’était réduire au silence cette sagesse du monde, prouvant qu’elle était folie puisqu’elle osait ainsi penser et parler de ce qui est la sagesse de Dieu. Les Juifs sont tombés sur la pierre d’achoppement, parce qu’ils ne voulaient avoir qu’un Messie puissant et glorieux. Il va bientôt venir de cette manière, mais où donc vont se trouver ces Juifs qui se scandalisaient de Son anéantissement jusqu’à la croix afin de sauver ceux qui croient ? Où vont se trouver les Gentils qui ont préféré leurs propres idées et se sont vanté de leurs raisonnements en face de l’œuvre puissante opérée alors à un coût infini ? Le Fils de l’homme brillera comme l’éclair en Son jour (Matt. 24:27), mais il fallait d’abord qu’Il souffre beaucoup, et qu’Il soit rejeté par cette génération (Luc 17:25). Car il était moralement impossible que le royaume de Dieu soit là tant que le péché n’avait pas été jugé à la croix. Quel manque de sens même chez les disciples et quelle lenteur de cœur à voir qu’il était nécessaire qu’il en soit ainsi, si Dieu devait être glorifié et les hommes sauvés et bénis de manière juste ! « Mais à ceux qui sont appelés, et Juifs et Grecs, Christ » et Christ crucifié « est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu ; parce que la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et que la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes » (1:24-25). Toute autre voie aurait fait des compromis avec le péché, et aurait rendu le salut impossible. La croix de Christ est la manifestation la plus complète du jugement du péché par Dieu et de Son amour pour le pécheur. La Parole incarnée souffrant sur une croix (ce que les hommes raillent comme étant de la folie et de la faiblesse) prouve à la fois la ruine complète de l’homme et la miséricorde [ou : la grâce] salvatrice de Dieu. Ainsi le Sauveur a enduré le jugement du péché afin que les croyants puissent être sauvés. N’est-ce pas plus sage et plus fort que les hommes ? Ceci n’a-t-il pas été prouvé par la résurrection, l’évangile ne l’a-t-il pas proclamé ?

Qu’il nous soit donné de le vivre et de le proclamer car cela seul change des vies !

Amen.

  • Jem n° 1066 « Rédempteur adorable »