Prédication du 24 Août 2025.

Prédication apportée par la pasteur Clémence Bury.

24 août 25 – Jean 16, 16-33

Alès Jean 16 : 16-33 24/08/2025

*Prière

Il y a deux semaines, nous avons vu dans Jean 15 que notre appartenance à Christ nous séparait du monde, et qu’il nous fallait abandonner notre désir de plaire, d’être aimé du monde et de lui appartenir.

La semaine dernière, avec le début du chapitre 16, l’accent a été mis sur le fait de connaître Dieu et d’être unis à Christ, il nous fallait abandonner notre désir de tout comprendre.

Avec la suite du chapitre 16 vient le 3ème volet de notre série sur le témoignage et la persécution dans l’Évangile de Jean. Là sont comparées les souffrances présentes et la persécution avec la joie et la gloire à venir ; il nous faut abandonner notre désir de tout savoir pour placer notre confiance en Dieu et nous laisser conduire par son Esprit.

Dans chacun de ces textes, Jésus met l’accent sur le ministère spécifique du Saint-Esprit pour nous assister dans notre mission d’être ses témoins dans le monde.

*Lecture

Tout savoir ?

Jésus, dans la pédagogie avec laquelle il s’adresse à ses disciples, fait un pas de plus en leur annonçant de nouveau son départ très proche. Il lie cette annonce immédiatement au fait qu’il reviendra, mais aussi – si on lit entre les lignes et en rapport avec tout l’enseignement qui a précédé – à l’action du Saint-Esprit qui sera présence du Christ en eux comme il l’est en nous.

On constate que cela suscite l’interrogation immédiate des disciples, et on peut même être amusé de constater que cette interrogation ne porte pas sur le fond de ce que Jésus annonce, mais plutôt sur les détails temporels ! Finalement, ce qui interpelle les disciples, c’est de savoir la date, le « quand » ! Ils ne relèvent pas le fait que Jésus va auprès du Père, ce qui pourtant, en soi, est inconcevable à l’esprit humain et pourrait nécessiter de nombreuses questions ! Il ne s’interrogent pas non plus sur le fait qu’ils vont revoir Jésus. Ce qui attise leur curiosité, c’est le « quand » ! On retrouve la même chose dans d’autres passages des évangiles où les disciples interrogent Jésus sur le temps, la date. Je crois que nous nous retrouvons franchement dans cette attitude, si nous voulons être honnêtes !

Nous sommes curieux, mais pas de ce qui est réellement important ! Nous voulons savoir quand et nous le demandons souvent. De tous temps, les hommes ont cherché à calculer, repérer, prévoir le jour du retour de Christ par exemple, alors même qu’il a dit en personne que nul ne connaissait ni le jour ni l’heure (Mt. 24 : 36) ! Quand nous connaissons l’épreuve ou l’incertitude, nous cherchons souvent à savoir quand cela prendra fin. Ou alors, face à l’annonce de la persécution ou de l’épreuve comme nous le trouvons dans ces textes qui nous occupent depuis trois dimanches, nous aimerions bien savoir quand cela arrivera ! Or il nous suffit de savoir que cela arrivera, et que Dieu prévoit pour nous différents soutiens, aides et appuis pour affronter ces temps.

Une autre question que nous posons souvent, peut-être plus encore que « quand », c’est « pourquoi ». Mes amis, il faut le reconnaître, nous voudrions tout savoir ! Or nous n’avons pas besoin de tout savoir, nous n’avons pas besoin de tout comprendre. Il nous suffit de connaître Dieu et de chercher à le connaître toujours davantage. Il nous suffit de savoir que Dieu, lui, sait ! Dieu sait tout. Dieu n’est jamais pris au dépourvu, il n’est pas surpris, ni désarçonné. Il n’est pas angoissé, il n’est jamais dans l’urgence ni dans le doute. Dieu sait tout, y compris ce qui nous concerne. Il connaît nos besoins mieux que nous-mêmes. Il connaît nos doutes, nos détresses, nos échecs, nos luttes, nos souffrances, etc.

Dieu sait absolument tout, et il voit tout également. Voilà qui est notre Dieu !

Que pourrions-nous craindre ? Qu’avons-nous encore besoin de savoir ?

Le philosophe Socrate disait : « je sais une chose, c’est que je ne sais rien ».

Nous nous pouvons dire : « je sais une chose, c’est que mon Dieu sait tout » !

Peu importe si moi je ne sais rien, ou du moins pas grand-chose ! Dieu sait tout et il marche devant nous.

Nous nous posons des questions comme « quand » et « pourquoi » et nous négligeons d’entrer dans les révélations et les connaissances que Dieu a pour nous. Or c’est bien cela qui nous est nécessaire, Dieu le sait mieux que nous ! Regardez la façon dont Dieu répond à Job au milieu de ses souffrances et incompréhensions : il ne lui dit pas pourquoi cela arrive, il ne lui dit pas quand cela prendra fin ; il lui révèle qui IL EST : celui qui était au commencement, celui qui a tout créé, celui qui veille avec soin sur chaque petit détail de sa création, celui qui tient le monde depuis son début jusqu’à sa fin, etc.

Voilà ce qui importe vraiment : connaître qui est Dieu, ce qu’il fait, entrer dans les mystères profonds qu’il a choisi de nous révéler ! Et cela se fait en étudiant et en méditant sa Parole, en passant du temps en sa présence, en aimant sa présence, en recherchant le secours du Saint-Esprit pour entrer plus en profondeur dans les réalités célestes.

On pourrait croire que cela va faire de nous des rêveurs déconnectés du monde. Or il n’en est rien, au contraire ! C’est en connaissant Dieu davantage que nous comprendrons mieux le monde qui nous entoure, le temps dans lequel nous sommes, le rôle que nous sommes appelés à jouer. C’est en connaissant Dieu davantage que nous pourrons nous connaître nous-mêmes et connaître ceux qui nous entourent. C’est en cherchant à aimer Dieu davantage et à entrer dans les profondeurs de son amour pour nous, que nous serons à même de nous aimer nous-mêmes, et donc aussi d’aimer nos frères et nos sœurs comme Dieu nous le commande !

Ce qui est merveilleux, c’est qu’à l’inverse de nos contemporains qui cherchent la vérité de tous côtés sans jamais la trouver parce qu’ils ne cherchent pas au bon endroit, nous sommes assurés que nos recherches ne seront pas vaines, parce que Jésus est la vérité, le chemin et la vie (Jean 14: 6), et parce que Dieu le promet dans sa Parole ! Lisons ensemble deux versets :

Jérémie 29 : 13-14 : « Vous me chercherez et vous me trouverez, parce que vous me chercherez de tout votre coeur. Je me laisserai trouver par vous, déclare l’Eternel. »

Matthieu 7 : 7-8 : « Demandez et l’on vous donnera, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira. En effet, toute personne qui demande reçoit, celui qui cherche trouve et l’on ouvre à celui qui frappe. »

Frères et sœurs, il nous faut rechercher Dieu, chercher à le connaître, chercher à l’aimer, chercher sa volonté, chercher son Royaume et sa justice, et tout le reste nous sera donné en plus (Mt. 6 : 33-34).

Ne nous trompons pas d’objectif, il nous faut connaître Dieu1 mais nous n’avons pas pour autant besoin de tout savoir sur tout !

Voir plus loin

Il nous faut donc, je le disais en introduction, abandonner notre désir de tout savoir, sur cette terre en tous cas.

Et on remarque qua dans ce texte aussi, comme dans Job, Jésus ne répond pas à leur curiosité. Au contraire, il les amène à voir plus loin et c’est ce qui nous intéresse aujourd’hui. Oui vous pleurerez leur dit-il, mais votre tristesse se changera en joie (v. 20), une joie que personne ne pourra leur enlever ; une joie qui réside dans le fait de connaître Dieu et de posséder Christ ! Cette joie-là, le monde ne peut pas la comprendre, pas plus qu’il ne peut la posséder. C’est une joie qui dépasse les souffrances et les épreuves, une joie qui permet de tenir bon, de continuer à marcher, de témoigner dans ce monde même quand il nous persécute.

Jésus nous amène à regarder plus loin, à lever les yeux pour attendre la manifestation de la gloire de Dieu (Tite 2 : 13).

Ce jour-là, dit-il, vous ne m’interrogerez plus sur rien (v.23), car ce jour-là, quand Christ paraîtra dans la gloire, nous saurons ! Nous n’aurons plus de questions car toute la connaissance nous sera donnée ; nos yeux s’ouvriront et nous comprendrons.

Ce jour-là, ce à quoi nous aurons renoncé sur cette terre nous sera donné de manière débordante. Ce jour-là, l’amour sera partout, en tous et entre tous ; ce jour-là nous comprendrons tout ce que nous n’avions pas compris ; ce jour-là nous saurons tout ce que nous ignorions avant. Ce jour-là sera la révélation pleine et complète du Fils de Dieu en gloire. C’est cela que nous attendons, c’est cela notre espérance. L’avons-nous oublié ?

Mais avant cet état, avant le retour de Christ, il y a ce temps particulier que Jésus annonce à ses disciples et qui est le temps dans lequel nous vivons : le temps de la grâce, le temps pendant lequel le Saint-Esprit se déploie dans les coeurs des croyants. Ce temps-là est bien particulier pour au moins trois raisons :

– Depuis la mort et la résurrection du Christ, son ascension et la Pentecôte, nous sommes réconciliés avec le Père. Avant cela ce n’était pas le cas. Nous sommes donc dans une autre dimension de notre relation à Dieu. Jésus le dit ici : le Père nous aime parce que nous aimons Christ (v. 27). Quand Dieu nous regarde, il nous voit revêtus de la justice de son Fils, justice accomplie à la croix quand Jésus a porté sur lui le péché qui nous retenait loin de Dieu. Christ nous rend Dieu favorable, propice, ce qui nous amène au second point.

– Puisque Dieu nous est propice par la médiation de Christ, alors nous pouvons nous adresser à lui au nom de son Fils. Nous pouvons adresser nos requêtes à Dieu et nous avons ici l’assurance que nous recevrons ce que nous avons demandé en conformité avec sa volonté. Il s’agit là du rôle d’avocat et de médiateur de Christ.

– Enfin, l’Esprit Saint nous est donné comme un guide, un avocat, un défenseur, un consolateur, un conseiller. L’Esprit est présence du Christ en nous, il nous transforme continuellement pour nous rendre semblables au Fils de Dieu, et il fait de nous des témoins, des agents de réconciliation (cf. 2 Co. 5 : 20).

Voilà le temps particulier dans lequel nous vivons. Voilà ce que Dieu a accompli et continue d’accomplir pour nous et pour tous ceux qui croiront au nom de son Fils.

Ce Dieu-là nous appelle et nous envoie dans ce monde qui se perd et qui meurt, pour annoncer ses merveilles, son amour, sa grâce mais aussi sa justice et sa sainteté.

Allons-nous rester sur nos chaises, dans un coin ? Allons-nous prétexter que nous avons mieux à faire ? Allons-nous, comme Moïse ou d’autres, nous cacher derrière nos incapacités ou timidités ? C’est inutile puisque Dieu a déjà pourvu à tout ce qui nous est nécessaire. Quand Dieu appelle, il équipe aussi ! Et rappelons-nous, Dieu nous a donné son Esprit pour nous conduire, il nous a donné des frères et des sœurs en Christ pour que nous apprenions à aimer, à nous encourager, à nous soutenir, et il nous invite à demeurer en lui comme lui demeure en nous. Nous ne devons négliger aucun de ces domaines si nous voulons tenir bon dans note foi et dans notre marche chrétienne, et si nous voulons être ces lumières que le Seigneur nous appelle à être.

Jésus termine son enseignement en promettant, en plus de la joie, sa paix. Il met en garde les disciples contre la dispersion et l’isolement et nous avons à entendre cet avertissement pour nous également.

Voyez les prédateurs, n’importe lequel que nous preniez : avant d’attaquer une proie, il prend soin de l’isoler du troupeau.

Il en va de même pour nous, voilà pourquoi l’appartenance à la famille de Dieu est importante. Un chrétien isolé est en chrétien en danger ! Dieu nous appelle à vivre en lui, à marcher par l’Esprit mais aussi à nous soutenir mutuellement. Certes, nous trouvons des forces et du réconfort dans Sa Parole comme aussi dans Sa présence, mais Dieu a voulu nous faire vivre une vie communautaire, par l’Église pour laquelle il a donné sa vie, afin que nous ne soyons pas seuls. C’est là que nous pouvons vivre la communion fraternelle, louer le Seigneur ensemble, entendre sa Parole, participer aux sacrements, prier les uns pour les autres, s’encourager dans notre témoignage : autant de moyens de grâce que le Seigneur met à notre disposition et dont nous ne devons pas nous priver.

Notre marche sur terre ne sera pas facile, Jésus nous le dit. Il nous prévient et il nous explique pourquoi. Il nous donne aussi les clés pour affronter ses souffrances et ces difficultés. Et par-dessus tout, il nous apprend à regarder plus loin, vers Lui qui siège sur son trône de gloire, à la droite du Père. Nous pouvons regarder à lui plein d’assurance car, nous dit-il, « j’ai vaincu le monde » (v. 33).

Gloire soit rendue à Dieu le Père, à Jésus-Christ son Fils, et au Saint-Esprit.

« Vous aurez à souffrir dans le monde, mais prenez courage : moi, j’ai vaincu le monde » (Jean 16 : 33). Amen.

« A toi la gloire » AEC 471

1Connaître Dieu, James Packer

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